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LETTRE-MÉLOMANE 2023-02


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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GLAZOUNOV Alexandre (1865-1936)
ORCHESTRE
La Forêt fantaisie op 19  icone   (***)  icone
Magnifique fantaisie qui se présente comme une démonstration symphonique, ce qui constitue quelque peu sa faiblesse. Toute d'abord, sa longueur, en un seul mouvement, représente un inconvénient car la tension ne peut se maintenir pendant une telle séquence. La finale, après les chants d'oiseaux, accuse une certaine baisse d'intérêt, nous semble-t-il. Œuvre de style impressionniste, mais qui ne se départit jamais de sa dimension mélodique et l'amalgame entre ces deux aspects peut être ressenti comme une impossibilité d'atteindre l'acmé du style impressionniste. L'ensemble, malgré la profusion symphonique, apparaît comme une suite de courtes mélodies, trop mélodiques pour permettre la création d'une atmosphère. En dépit de ces défauts, on ne peut qu'admirer l'éblouissance des effets instrumentaux, la richesse des harmonies.
Du Moyen Âge Suite op 79 (1902)  icone   (*/***/*/*)  icone
Une œuvre d'inspiration limitée si l'on excepte le superbe 2e mouvement, bénéficiant d'une orchestration très riche, dense tout en restant claire, sans jamais la moindre dysphonie entre les parties musicales, une parfaite congruence qui caractérise l'art musical de Glazounov. Pour le reste, rien ne se hausse au-dessus de motifs d'intérêt moyen dans une orchestration, sinon terne, du moins sans effet probant, notamment dans le 1er mouvement assez monocorde.
LANGE-MULLER Peter (1850-1926)
ORCHESTRE
Symphonie 2 D minor (1889)  icone   (*/-//-/*)  icone
Cette œuvre d'intérêt à mon avis limité n'est pas dépourvue de thématique - quoique souvent assez rudimentaire - ni de couleur orchestrale. Son défaut principal tient à la répétition d'un même thème rythmique pour chaque mouvement (pour ce qui est des mouvements rapides. La tendance vire même dans le premier mouvement à un style de type fugué. Le style symphonique est généralement clair, sauf parfois dans les passages en fanfare du dernier mouvement. Sur l'ensemble, une œuvre qui manque d'envolée, dont le lyrisme est étouffé par des formules rythmiques très mécaniques.
RUDORFF Ernst (1840-1916)
ORCHESTRE
Sérénade 2 G major op 21  icone   (-/-/-)  icone
Bien peu de matière musicale dans cette sérénade poussive et traînante. Une orchestration très homogène et une absence de tonus préjudiciable, même en considérant qu'il s'agit d'une sérénade. Des accents presque dramatiques dans le dernier mouvement, qui ne suffisent pas à le hisser hors d'un continuum ennuyeux. Le 2e mouvement, très court, plus dynamique, ne s'extirpe pas, lui non plus, de cette gangue amorphe.
VIVALDI Antonio (1678-1741)
BASSON ORCHESTRE
Concerto RV497  icone   (***/***/*)  icone
Une belle œuvre aussi bien par les tutti symphoniques, procédant par une suite de cellules courtes contrastées, que par le soliste, très contrastée lui aussi rythmiquement et thématiquement. Le premier mouvement se dégage par sa valeur. Un mouvement lent sur une thématique complexe un peu floue, néanmoins, qui maintient le niveau. En revanche, on peut noter une inventivité moindre dans le dernier mouvement, moins original, insistant sur des marches d'harmonies déjà très éprouvées.


ŒUVRE REVISITÉE
PAGANINI Nicolo (1782-1840)
VIOLON
Caprices
Ces caprices dédiés Agli artisti sont en partie des études qui n'entrent pas dans le cadre d'une analyse critique. C'est le cas, me semble-t-il, des premiers caprices essentiellement (les Caprices 1 à 8, 10 à 12) dont la vocation pédagogique se traduit souvent par une structure systématique et répétitive. On peut également émettre l'hypothèse selon laquelle les premiers caprices traduiraient la première période encore tâtonnante de l'art paganinien, dont les premiers concertos, perdus, ne peuvent témoigner. Les autres caprices: le 9, le 13, du 15ème au 24ème, peuvent être considérés comme des œuvres musicales à part entière. Un léitmotiv conducteur traverse le 9 (la Chasse), le 15, puis se trouve développé plus amplement dans le 24. Ces caprices alternent généralement des passages mélodiques lents dans le médium particulièrement émouvants à mon avis et des passages véhéments d'une puissance lyrique insoutenable, d'une ampleur moindre, mais d'une expression plus âpre que les concertos. Le célébrissime Caprice n°24 compte sans doute parmi les grands chefs-d'œuvre de la musique, il utilise toutes les ressources de la virtuosité: doubles-cordes staccato et legato, glissandi, pizzicatti... et surtout, me semble-t-il, exprime tous les mouvements de l'âme romantique.
n° 1 (-)
n° 2 (-)
n° 3 (*)
n° 4 (*)
n° 5 (-)
n° 6 (-)
n° 7 (*)
n° 8 (-)
n° 9 La chasse (***)
n° 10 (*)
n° 11 (-)
n° 12 (-)
n° 13 (***)
n° 14 (**)
n° 15 (****)
n° 16 (**)
n° 17 (***)
n° 18 (***)
n° 19 (***)
n° 20 (***)
n° 21 (**)
n° 22 (***)
n° 23 (***)
n° 24 (****)



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À bientôt
Claude Fernandez


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