SOMMAIRE


LETTRE-MÉLOMANE 2021-12


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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VERSION VIDÉO

ABBIATE Luigi (1866-1933)
ORCHESTRE
Les Elfes, poème symphonique d'après Leconte de Lisle (1887)  icone   (*)  icone
Une œuvre bizarrement très cacophonique et dysharmonique à une époque où la consonance régnait encore (1887). Elle préfigurerait le style du Groupe des Six. Sur le plan thématique, l'œuvre pourrait prétendre à un certain niveau, mais ce sont les discordances entre les registres instrumentaux qui la dévaluent, surtout dans la partie centrale. Les meilleurs passages sont le début et la fin sur des motifs souvent aux cordes en aigus et accompagnés par la harpe ou des pizzicati de cordes. La partie finale est même magnifique, étonnante. L'ensemble malheureusement, ne me paraît pas devoir s'élever au dessus d'une étoile.
ENESCO George (1881/1955)
DUO PIANO VIOLON
Sonata No.3 in A minor dans le caractère populaire roumain, Op.25 (1949)  icone   (-/*/***)  icone
Cette œuvre se caractérise, me semble-t-il, par des inégalités d'inspiration très marquées. Son intérêt majeur est concentré quasiment dans le dernier mouvement. Les 2 premiers mouvements, surtout le premier, ne se départissent pas d'un continuum lancinant sur une thématique insaisissable, ne trouvant que rarement son affirmation, cela malgré un passage impressionnant, mais limité en durée au milieu du 2ème mouvement. Le soliste, sur l'ensemble de l'œuvre, évolue dans l'extrême-aigu, surtout dans le 2ème mouvement. Le dernier mouvement rend de manière très accusée le friska et le lassan (en partie centrale dans le grave). Toujours dans ce dernier mouvement, les effets violonistiques, mais aussi pianistiques, sont d'une originalité rare, transcendant l'utilisation rhapsodique traditionnelle vers un modernisme positif sans jamais cependant verser dans des dissonances gratuites.
LITOLFF Henry (1818-1891)
ORCHESTRE
Ouverture Maximilien Robespierre (1856)  icone   (-)  icone
Œuvre très décevante par rapport à l'Ouverture "Les Girondistes". La surenchère symphonique n'aboutit qu'à une extériorisation vaine, dépourvue de dramatisme. Le thème principal susceptible, semble-t-il, de représenter la foule en liesse apparaît beaucoup trop répété, surtout par rapport à son intérêt thématique à mon avis limité. L'œuvre comprend une introduction grave et une conclusion identique, qui n'introduisent pas plus de pathétisme que les épisodes dynamiques. Il faut signaler les évocations de la Marseillaise, une évidence évidemment en rapport avec l'argument, mais qui n'apporte rien de supplémentaire.
MANEN Joan (1883-1971)
ORCHESTRE
Symphonie 2 Ibérica op A-47 (1958)  icone   (-/**/-/**)  icone
Une symphonie en demi-teinte, certainement d'un intérêt moins affirmé que la Symphonie 1 du maître. De grandes disparités entre les mouvements et dans l'ensemble une thématique incertaine. Manen s'affirme dans les scherzos permettant les passages rapides d'un registre instrumental à un autre, écriture pour laquelle il exprime une véritable virtuosité. C'est le cas pour le 2ème mouvement et pour le dernier mouvement (Finale) qui est aussi en partie un scherzo. Cependant, même dans ces parties, l'inspiration n'est pas constante. Le 1er mouvement, très long, peine à affirmer quelques motifs d'un relatif intérêt, notamment des suites d'accords à l'orchestre assez bienvenues. La marque rhapsodique est certaine, positive, parfois originale, mais parfois se cantonnant dans l'utilisation de motifs très communs (notamment dans le 1er mouvement). Et il faut surtout déplorer un mouvement lent extraordinairement long et vide, sinon relevé quelque peu par l'intervention de la flûte en seconde partie, mais sur un motif qui lui-même tombe vite dans l'uniformité. Au final, on pourra tout de même écouter profitablement les mouvements 2 et 4.
MELARTIN Erkki (1875-1937)
ORCHESTRE
Symphonie 4 E major op 80 Summer Symphonie (1912)  icone   (*/***/**/*)  icone
D'un niveau nettement moins affirmé que la 2, mais plus que la 5 du compositeur, cette symphonie 4 contient quelques parties d'un excellent niveau, néanmoins circonstrites. Le style est très classico-romantique par rapport à la date de composition, tirant peu vers l'impressionnisme et présente relativement peu de marque rhapsodique. le 1er mouvement apparaît vite répétitif par l'exploitation d'un thème d'un intérêt à mon avis limité. C'est le 2ème mouvement, en forme de scherzo, qui paraît le plus captivant, exploitant bien les différents registres instrumentaux, notamment le xylophone, dans un rythme enlevé. Le 3ème mouvement comporte un excellent thème principal, malheureusement exploité de manière variable: une excellente exposition à la voix soprano, surtout remarquablement accompagnée par l'orchestre. La reprise au contralto réduit le charme. La fin du mouvement s'enlise et devient vite compassée. Quant au dernier mouvement, il n'impose aucun thème marquant dans une orchestration relativement banale.


ŒUVRE REVISITÉE
GUILLEMAIN Louis Gabriel (1704-1770)
VIOLON
Douze caprices op 18 (1762)  icone  
À l'époque où Guillemain écrit ces caprices (1762), la musique galante a déjà largement remplacé le style baroque, sauf précisément pour ce type de composition. De par leur nature, les œuvres de virtuosité ne peuvent en aucun cas s'inscrire dans le style galant - qui leur est antithétique - mais obligatoirement dans l'esthétique baroque... ou romantique ou moderne. Guillemain est bien l'héritier - techniquement et thématiquement - des Vivaldi, Tartini, Locatelli... qu'il a, me semble-t-il, au moins égalés sur le plan de la virtuosité. Son mélodisme, purement baroque, usant abondamment des formules répétitives, ne connaît pas le chromatisme, exploité par Paganini plus tard dans ses 24 Caprices (en 1802-1807), mais aussi par exemple par Spohr. Guillemain inaugure incontestablement la virtuosité transcendante, cependant à mon avis, largement en deça de Paganini (quelques décennies plus tard, il est vrai), et sur le plan thématique ou expressif sans doute, bien qu'il atteigne des sommets inusités pour l'époque. Il abuse des marches d'harmonies et autres rosalies, et sur le plan technique des doubles cordes et bariolages, mais c'est pour le plus grand plaisir de l'auditeur. Les pièces les plus inspirées, les plus lyriques sont certainement les Caprices 5 et 11.
1 (***)  icone
2 (**)  icone
3 (**)  icone
4 (**)  icone
5 (****)  icone
6 (***)  icone
7 (***)  icone
8 (***)  icone
9 (***)  icone
10 (***)  icone
11 (****)  icone
12 (***)  icone



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À bientôt
Claude Fernandez


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