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LETTRE-MÉLOMANE 2021-09


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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ANDRIESSEN Willem (1887-1964)
PIANO ORCHESTRE
Concerto (1908)  icone   (-/-/-)  icone
Un concerto morne, éteint, sans éclat, sans couleur. Orchestre et soliste semblent englués dans un amalgame d'où n'émerge aucun élan. Une thématique réduite à une vague mélodie aux cordes dans un tempo lent pour le 1er mouvement comme pour le 2ème. Le dernier mouvement ne parvient guère à introduire une quelconque dynamique De cette inertie se dégage parfois quelques velléités de traits passablement virtuoses. C'est le cas de l'introduction du 1er mouvement, évoquant un passage du Concerto 1 de Tchaïkovski. C'est le cas également pour la dernière partie du 3ème mouvement, réaction insuffisante à secouer la léthargie de l'ensemble.
KORTE Oldřich František (1926-2014)
PIANO
Sonata  icone   (**/*/-)  icone
Simultanément trop classique et moderne, quoique sans excès, cette œuvre s'affirme par des harmonies parfois très élaborées, fascinantes, dans le premier mouvement. Ce mouvement, malheureusement, s'appuie sur un thème principal très (trop) classique, une sorte de ritournelle qui ne s'accorde pas avec l'ensemble plus moderne. Il faut y déplorer aussi quelques passages vides. Les autre mouvements, trop touffus dans le sens moderniste, ne me paraissent pas à la hauteur de ce premier mouvement qui présente malgré tout un intérêt certain.
LARA Manuel Manrique de (1863-1929)
ORCHESTRE
L'Orestie (trilogie symphonique) (1890)  icone   (*/**/***)  icone
Nettement plus élaboré que sa symphonie en E minor, ce poème symphonique présente des mouvements d'amplifcation qui lui permettent parfois d'atteindre une tension intense, néanmoins sans jamais d'envolée lyrique. une orchestration massive, sourde, évitant toute manifestation brillantes aux accents parfois wagnériens. On y entend peu les bois, mais surtout les cordes dans le grave ou le mezzo-grave et les cuivres, parfois excessivement pour ces deniers, cependant jamais en dissonance. C'est la lenteur qui domine les 2 premiers mouvements, surtout le premier et aussi la finale du dernier mouvement, se perdant parfois en longueurs ennuyeuses. Le premier mouvement peine à imposer une thématique d'intérêt relativement limité, il est quelque peu relevé par sa partie finale. Le second mouvement est très varié thématiquement et instrumentalement, mais se noie dans la lenteur. C'est certainement le dernier mouvement qui allie les mouvements d'amplification et la variété de la thématique sur un rythme plus animé. Comme référence, à Wagner, j'ajouterais Bruckner dont nous retrouverons l'aspect massif et l'orchestration homogène.
STERKEL Franz Xaver (1750-1817)
PIANO ORCHESTRE
Concerto 1 (1785)  icone   (***/***/*)  icone
Une œuvre d'une belle facture qui s'inscrit dans la recherche d'un nouveau style lyrique concertant à la fin du 18ème siècle. Style assez précoce par rapport à la date de composition (1785) nettement plus élaborée que les concertos de Hummel par exemple, quoique encore marquée par le style galant. Un style galant cependant remodelé, plus incisif, totalement démarqué de l'aspect "guimauve" attaché à cette école musicale. La partie pianistique est notamment marquée par de nombreux agréments à la manière des clavecinistes. La partie symphonique dans le 1er mouvement apparaît très recherchée sur le plan de la superposition des registres, malgré sa coloration galante. Quoique moins dense thématiquement, le 2ème mouvement s'impose par sa partie pianistique complexe malgré le tempo lent. En revanche, le 3ème mouvement renoue avec les motifs compassés - quoique dans un rythme plus enlevé - de la musique galante la plus éculée, notamment un motif répété au hautbois et piano. On exceptera un passage plus lent, nostalgique, rêveur, insuffisant cependant à relever le niveau de ce mouvement. Au final, ce concerto apparaît remarquable, notamment si on le compare à al littérature pianistique de l'époque.


ŒUVRE REVISITÉE
KRUMPHOLZ Johann Batist (1742-1790)
DUO FLÛTE HARPE
Sonate en F majeur FLÛTE HARPE (***/***/***)  icone
Cette œuvre excellente apparaît très caractéristique du style de Mannheim, sans pour cela abonder dans les évidences tonales et les banales redites thématiques. On remarquera le caractère sémillant du premier mouvement (Allegro), tout en subtilité rythmique, la particulière densité thématique du troisième mouvement (Tempo di minuetto) qui comprend un passage très émouvant en modulation. De nombreuses ruptures rythmiques contribuent également à la richesse particulière de ce mouvement. Le second mouvement, lent, (Romanze) parvient à imposer son unique thème principal dont la beauté, la sérénité, compensent un nombre de réexpositions un peu trop important. Le style de Krumpholz, extraordinairement subtil semble se caractériser par l'emploi des petites touches, préfigurant presque le style fauréen.



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À bientôt
Claude Fernandez


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