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LETTRE-MÉLOMANE 2019-07


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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ASTRINIDIS Nikos (1921 - 2010)
VIOLONCELLE PIANO
Cappricio in modo balcanico (1946)  icone   (***)  icone
Cette œuvre imprégnée d'un rhapsodisme très marqué se présente comme une suite de sections différentes. Astrinidis semble avoir réussi ce que Giannis Konstantinidis a raté avec sa Rhapsodie d'Asie mineure. En plus de sa puissance thématique, lœuvre me paraît magistrale pour l'exploitation du violoncelle, notamment dans la tessiture très aiguë pour l'une des sections. L'accompagnement au piano, notamment dans l'extrême-aigu pour la première section, apporte un attrait supplémentaire à cette œuvre magnifique.
DEUTSCHER Alma (2005-)
VIOLON ORCHESTRE
Concerto G minor (2017)  icone   (***/***/***)  icone
Remarquable concerto à mon avis, très décalé historiquement comparablement au concerto pour piano de la compositrice. Sur le plan de l'écriture violonistique, la référence à Paganini, semble s'imposer, sans que l'on y retrouve tout de même la fulgurance du maître génois. Le niveau apparaît cependant très élevé et peut se comparer à de grands concertos pour violon du 19e siècle. et il m'apparaît largement au dessus par exemple du Concerto de Mendelssohn. Le niveau de virtuosité est très élevé ainsi que la tension lyrique. certains passages atteignent le sublime, notamment le thème principal du 2ème mouvement. On peut déplorer sans doute quelque passages à vide dans les 1er et 2ème mouvement par excès de développement, mais très limités. Sur le plan orchestral, un effort de développement et d'intégration apparaît évident, ainsi qu'un renouvellement par rapport à l'orchestration de la première moitié du 19e siècle. parfois très subtils, comme l'orchestration d'accompagnement du 2ème mouvement, certains effets surprenants (notamment l'utilisation des cuivres) dans le 1er mouvement paraissent un peu forcés. pour terminer, il faut signaler une très grande subtilité harmonique qui s'exprime en de nombreuses modulations particulièrement troublantes.
EBERL Anton (1765 -1807)
PIANO ORCHESTRE
concerto c major op 36 (1803)  icone   (**/**/-)  icone
Ce concerto paraît au diapason de l'évolution marquant le genre concertant pour piano au début du 19e siècle. pour simplifier, nosu dirons qu'il se situe dans la lignée de Dussek, Ries, Beethoven, c'est-à-dire qu'il affecte un style brillant, vigoureux, contrasté, démonstratif, au niveau de la partie pianistique. La partie symphonique, comme toujours à cette période, reste largement en retrait, se cantonnant à des formules assez stééotypées utilisant une instrumentation assez lourde. L'ensemble ne manque pas d'idées sur le plan thématique, quoique Eberl en reste encore à la ritournelle facile pour les thèmes principaux (celui du 1er mouvement et ceux du 3ème mouvement). Autre caractéristique archaïque, le la pulsion ininterrompue qui anime le 1er mouvement. néanmoins, les passages lyriques plus élaborés ne manquent pas dans le 1er et le 2ème mouvement, à l'occasion de modulations. À l'actif du compositeur, une magnifique cadence solistique à la fin du 1er mouvement (si toutefois elle est autographe). L'évaluation de ce concerto peut paraître sévère et il manquait assez peu pour que les 1er et 2ème mouvement atteignent l'excellent. Je me suis cependant accordé au verdict de l'évaluation continue. En définitive, il faut remarquer qu'à cette période précoce où le concerto pour piano commence à évoluer favorablement, j'ai trouvé peu de chefs-d'œuvre. Signalons néanmoins parmi les pionniers le concerto op 49 de Johann Ladislav Dussek (cité plus haut) (1801), le Concerto 5 militaire de Joseph Woelfl (1799) et je constate (de mon point de vue) une litanie d'échecs que je me lasserai à citer.
LANDRÉ Willem (1874-1948)
PIANO ORCHESTRE
Concerto romantique (1935)  icone   (-/-/-)  icone
Quoique très classique tonalement et instrumentalement, ce concerto m'apparaît peu lisible. Le piano est noyé dans un ensemble symphonique amorphe, sans corps, sans consistance. L'on ne discerne quasiment aucun thème au point qu'on pourrait soupçonner le compositeur d'une volonté de minimalisme, lequel, néanmoins, ne s'accorderait pas au style vaguement mélodique, si toutefois on peut nommer mélodie ce développement informe qui ne part de nulle part vers nulle destination. Je rapprocherai cette œuvre, vaguement, de la Ballade de Fauré pour piano orchestre, du concerto de Castillon (référence quasi-absolue de la vacuité musicale)



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À bientôt
Claude Fernandez


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