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LETTRE-MÉLOMANE 2021-08


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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DUO VITAL Arturo (1901 -1964 )
ORCHESTRE
Symphonie pour un anniversaire (1960)  icone   (-/-/-)  icone
Symphonie pseudo-moderne, qui pourrait rappeler vaguement le style de Prokofiev: une sorte de badinage désinvolte dénué du moindre pathétisme, voire du moindre lyrisme. l'œuvre est construite à la manière d'un concerto: 3 mouvement, dont 2 rapides séparés par un mouvement lent. Ce mouvement, très monocorde, alterne cordes et clarinette sans émouvoir plus que les moluvements rapides. Rien n'est absolument désagréable dans l'harmonie ou l'instrumentation, mais rien à mon avis ne provoque le moindre intérêt.
GNATTALI Radamès (1906-1988)
HARPE ORCHESTRE
Concerto (1957)  icone   (*/**/**)  icone
Belle œuvre dans l'ensemble, qui ne me paraît pas exempte de faiblesses. une thématique certaine pour les 3 mouvements, cependant peu saillante, me semble-t-il, dans le premier mouvement et réppétitive. L'orchestre à cordes est parfois rugueux, inexpliquablement dissonant parfois, et ne donne pas toute sa mesure, même dans les crescendos assez lyriques du 2ème mouvement où il apparaît plus congruent et consonnant. C'est dans ce mouvement lent que s'affirme le mieux le compositeur, lui communiquant une dimension pathétique. Le soliste est volubile, mais ne franchit jamais un certain niveau de virtuosité ou de plénitude. L'on demeure sur un sentiment d'inaccomplissement. Le dernier mouvement marie bien le soliste et l'orchestre dans un rythme très enlevé, notamment par le thème symphonique.
HERZOGENBERG Heinrich von (1843-1900)
ORCHESTRE
Symphonie op 16 Odysseus (1872)  icone   (**/*/**/**)  icone
Ce poème symphonique inattendu de Herogenberg révèle une autre dimension du compositeur, bien supérieure à celle, plutôt pâle et monochrome, qu'il donnait dans ses symphonies 1 et 2. Sans doute la narrativité propre au sujet lui permit d'échapper aux poncifs d'une certaine école romantique classique ne s'aventurant guère sur des terres musicales inconnues. Si l'orchestration manque encore de couleur instrumentale pour relater un tel sujet mùythologique (Odysseus), le compositeur manifeste un sens aigu des contrastes, oscillant entre le pianissimo et le fortissimo, et se perdant quelquefois dans le quasi-inaudible. Le premier mouvement, dans sa partie centrale, ainsi que le dernier mouvement, montrent qu'Herzengenberg est capable de manifester un lyrisme intense à l'occasion de crescendos bien sentis. Le 3ème mouvement (Die Gärten der Circe) révèle même une certaine dimension wagnérienne, atteignant parfois des sonorités hallucinantes, très riches harmoniquement.
IPPOLITOV-IVANOV Mikhail Mikhailovitch (1859-1935)
ORCHESTRE
Symphonie 1 op 46 (1908)  icone   (*/*/-/*)  icone
Une symphonie très pâle, surtout en regard des compositions rhapsodiques caucasiennes du maître. Orchestration homogène sans couleur instrumentale notable, présentant peu de contrastes, des crescendos étouffés sans emphase lyrique, rien qui puisse vraiment accrocher l'auditeur, me semble-t-il. Il faut concéder l'existence d'une réelle thématique, du début à la fin, mais sur des motifs tellement peu saillants! Le scherzo (2ème mouvement) présente malheureusement une partie centrale moderato sans saractère. Il en est de même pour la Finale, qui aurait pu, par son thème principal, relever l'intérêt.
MADETOJA Leevi (1887-1947)
ORCHESTRE
Symphonie 2 E flat major op 35 (1918)  icone   (****/****/****/***)  icone
Par rapport à la symphonie 1, cette 2ème sympphonie nous révèle une dimension supérieure du compositeur, une ampleur, un pathétisme et un lyrisme très puissants. Le style de la musique nordique apparaît nettement, et l'on y trouve cette fascination si spécifique exprimée par la musique de Sibelius. Néanmoins, Madetoja, malgré ses prouesses symphoniques et sa complication thématique, n'atteint pas, me semble-t-il, la pureté de l'inspiration sibélienne, ni sa plénitude. C'est une variation presque dans le sens du baroque que réalise Madetoja par rapport au style nordique propre à Sibelius, tel que ce dernier nous l'a révélé par sa lumineuse Première Symphonie. Il en ateint cependant la dimension lyrique. Son traitement de l'orchestre dans le dernier mouvement rapide est peut-être le registre où il dépasse Sibelius alors qu'il lui est certainement inférieur sur les autres registres, notamment l'exploitation de la lenteur les longues tenues aux cuivres et au timpani. Au final, cette symphonie de Madetoja est certainement une grande, voire très grande symphonie.
Symphonie 1 F-major, Op.29 (1916)  icone   (**/**/**/*)  icone
Une synphonie très inégale, qui témoigne d'un certain déploiement symphonique, néanmoins très disparate sur le plan thématique. L'œuvre commence par une ouverture plutôt primesautière, sans pathétique ni lyrisme, et sans rhapsodisme, rien qui évoque l'école finnoise. Suivent dans le 1er mouvement et le second des passages plus rhapsodiques et qui pourraient évoquer Sibelius, cependant sans jamais atteindre le mystère propre à ce compositeur. Le début du 2ème mouvement, de style plus rhapsodique, est la partie la plus réussie, sur un mouvement d'amplification appuyé par le timpani. De même, le 3ème mouvement atteint, sur un tempo rapide une succession assez étourdissante de courts motifs superbement agencés, mais de nombreux passages vides doivent être déplorés, notamment des passages aux flûtes sans fond orchestral.


ŒUVRE REVISITÉE
TAKTAKISHVILI Otar (1924-)
DUO FLÛTE PIANO
Sonate C major  icone   (***/**/****)  icone
Grande œuvre que cette sonate où Taktakichvili, par-delà l'expressionnisme, revient aux fondamentaux de la musique. Œuvre purement classique où la marque des harmonies nouvelles reste discrète, néanmoins on en retrouvera des échos essentiellement dans le 2ème mouvement lent. C'est sans doute dans le 3ème mouvement que le compositeur affirme toute sa verve en recourant sans complexe à une virtuosité rappelant les grandes heures du romantisme. Le thème central, où s'exprime la fibre rhapsodique, est certainement le meilleur de toute l'œuvre et vaut que j'accorde à ce mouvement la valeur exceptionnelle de 4 étoiles, ce qui compense l'appréciation de 2 étoiles, un peu sévère peut-être, pour le 2ème mouvement.



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À bientôt
Claude Fernandez


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