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LETTRE-MÉLOMANE 2022-07


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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AUDIO

FABRITIUS Ernst (1842-1899)
VIOLON ORCHESTRE
Concerto D minor  icone   (**/*/*)  icone
Concerto d'une bonne qualité, témoignant de la part du compositeur d'un sens du lyrisme certain. Il s'inscrit pour la partie violonistique dans le sillage de Paganini, quoique d'une manière lâche et surtout selon une pugnacité et une intensité lyrique bien moindre. La thématique manque souvent de consistance malgré quelques parties inspirées dans le premier mouvement, notamment une cadence soliste d'un niveau honorable. Les mouvements suivants sont beaucoup plus faibles, notamment le dernier mouvement, beaucoup trop timide et dépourvu de tonus, ce qui ne correspond pas à l'éthique d'un dernier mouvement de concerto.
GUARNIERI Mozart Camargo (1907-1993)
PIANO ORCHESTRE
Seresta  icone   (-/-/-)  icone
Ce concerto rappellerait assez la touche ravélienne par son rythme rapide, inexorable, sa tessiture très aiguë, cependant il s'en différencie par ses sonorités discordantes. Quelques parties sont très estimables, notamment le début du premier mouvement et le début du dernier mouvement, mais l'attraction vers les dissonances reste irrésistible. La 2ème mouvement s'apparenterait lui aussi au style ravélien par ses sonorités acides, impersonnelles, sa froideur. On remarquera dans l'ensemble le rôle assez important du violon solo, qui pourtant n'impose aucun motif d'intérêt. Au final, une œuvre présentant bien peu de matière musicale.
MONASTERIO Jesus de (1836-1903)
VIOLON ORCHESTRE
Concerto B minor (1880)  icone   (**/*/**)  icone
Un bon concerto, qui n'atteint tout de même pas le niveau supérieur. La partie violonistique, relativement en décalage négatif par rapport à son époque, se rapproche plus souvent de Viotti que de Paganini: une virtuosité assez limitée, cependant une certaine diversité d'effets évitant la monotonie. Une longue cadence soliste termine le premier mouvement, cadence malheureusement assez médiocre, sauf à sa conclusion et à la reprise qui clôture le mouvement. L'orchestration est relativement colorée, mais parfois poussive. Le meilleur passage en est sans doute l'ouverture du premier mouvement.
SVETLANOV Evguéni (1928-2002
ORCHESTRE
Atsusiueno (1966)  icone   (**)  icone
Cette œuvre manifeste une surenchère instrumentale de cuivres et percussions excessive, à laquelle se surajoute un certain cacophonisme. Elle est heureusement sauvée par sa thématique: 2 excellents thèmes, l'un mélodique moderato aux cordes, l'autre plus rythmique qui interviennent à partir du milieu de l'œuvre. La finale renoue malheureusement avec la surenchère cuivrique et percussionniste. On ne peut dénier au compositeur ses capacités musicales et notamment sa maîtrise de l'orchestration, mais on peut lui reprocher de s'être trop laissé aller à un excès préjudiciable, s'appuyant sur la tendance moderniste. Une œuvre gâchée en partie comme bien d'autres pour la même raison et qui aurait pu atteindre l'excellence.


ŒUVRE REVISITÉE
SIBELIUS Jean (1865-1957)
ORCHESTRE
Belshazzar's Feast suite (1906)  icone   (***/*/****/***)  icone
Cette œuvre, relativement précoce (antérieure à la symphonie 1), révèle un compositeur s'appuyant essentiellement sur une trame thématique classico-romantique. Néanmoins, l'incursion vers une originalité très spécifique se révèle dans la 3ème partie Nocturne. Il est vain, me semble-t-il, à propos de Sibelius, de discerner une évolution générale de son style vers un modernisme plus ou moins accusé en fonction de sa carrière, mais plutôt un compositeur plus ou moins touché par la grâce de l'inspiration (et il le fut sans doute jamais autant que dans sa symphonie 1). La Fête de Balthasar, traitée de manière très rhapsodique, s'inscrit dans la ligne des nombreuses œuvres orientalisantes de Rimski-Korsakov, notamment, tradition qui se poursuivit en particulier avec le fameux Marché persan de Ketelbey (on y retrouve une partie proche de la Procession dans la Fête de Balthasar). L'on y discerne également des effets rappelant Debussy (dans le Nocturne), quoiqu'il est nécessaire de toujours rester prudent sur ce genre de référence, probablement génériques. Si la 2ème parti, Solitude apparaît décevante, en revanche Nocturne atteint le sublime, en particulier par une utilisation des registres instrumentaux: bois (dont la clarinette basse) sur fond de cordes subtilement divisées dans l'extrême-aigu.



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À bientôt
Claude Fernandez


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