SOMMAIRE


LETTRE-MÉLOMANE 2022-01


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

icone Écouter
icone Voir une évaluation continue


Vidéo: https://youtu.be/V3GYHwJfU5Q

DUBOIS Théodore (1837-1924)
PIANO ORCHESTRE
Concerto 2  icone   (***/-/****)  icone
Sans aucun doute une grande œuvre, ce concerto mérite de figurer parmi les plus inspirés. D'un style romantique tardif, il se caractérise par une thématique très dispersée, malgré quelques thèmes bien définis. La partie pianistique, très volubile et dynamique, est une suite continue de cellules rapides, d'ébauches éparpillées sans résolution. Ces bribes, parfois incompatibles, sont introduites sans transition. La mobilité de l'inspiration chez Dubois n'a d'égale que celle de Herz, toutefois avec beaucoup plus de souplesse chez ce dernier. Cette caractéristique de pulvérisation thématique peut être diversement appréciée et jugée. La virtuosité, très abrupte, est maximale, plutôt dans le style de Litolff, Scharwenka, Sgambati, Tchaïkovski..., mais beaucoup moins mélodique, surtout par rapport à Tchaïkovski... Le 3ème mouvement contient, dans sa partie centrale, une très impressionnante cadence pianistique. Malgré le dynamisme d'ensemble, l'œuvre contient des passages presque figés dans le pianissimo, mais d'une thématique plutôt amélodique. Sur le plan symphonique, les timbres sont assez durs. Le cor domine souvent et les cordes ne réalisent pas le lien si naturel à de nombreux concertos romantiques. Au final, une œuvre magistrale qui s'impose parmi les meilleures du genre, même si on peut en contester certains aspects.
HERZOGENBERG Heinrich von (1843-1900)
VIOLON ORCHESTRE
Concerto A major WoO 4 (1889)  icone   (**/-/*)  icone
Concerto malheureusement très inégal qui mériterait une mention d'excellence pour le premier mouvement, si l'on considère l'inspiration élevée, virtuose, lyrique de la partie soliste, mais qui demeure insuffisant dans la partie symphonique, exprimée essentiellement par les tutti de cordes, ceci à une époque relativement tardive du 19e siècle pendant laquelle les parties symphoniques se sont considérablement améliorées. On prendra comme référence par exemple les concertos de l'école franco-belge: Louis de Bériot, Vieuxtemps... Le compositeur adopte un style très solistique qui reporte plutôt à la période paganinienne, cependant la thématique n'est en aucun cas reliée à ce compositeur, quoiqu'évoluant dans une tessiture extrême-aigu. L'on y retrouve pas non plus le mélodisme chromatique de Spohr. Le premier mouvement est certainement le plus remarquable alors que le 2ème mouvement est inexistant sur le plan de l'inspiration. Quand au dernier mouvement, il contient des bribes inspirées dans un tempo vivace, cependant trop dispersées.
MADETOJA Leevi (1887-1947)
ORCHESTRE
Suite symphonique op 4 (1910)  icone   (*/*/-/*)  icone
Œuvre très décevante par rapport aux symphonies du compositeur. L'appellation de "Suite symphonique" plutôt que symphonie pourrait signifier que cette œuvre n'est pas placée par son auteur au niveau de ses symphonies. L'orchestration, sourde, reste souvent confinée dans le grave et impose des superpositions instrumentales et harmoniques désagréables, sans toutefois verser dans le modernisme. Les mouvements d'amplification, notamment dans le 2ème mouvement, ne correspondent à aucun influx lyrique, mais apparaissent plutôt comme des pesanteurs gratuites. La thématique est très disparate, hors le thème du 1er mouvement et quelques motifs dans le dernier, le plus dense sur ce plan. Le 2ème mouvement est le plus animé, le plus varié, sans pour autant raviver l'intérêt. L'ensemble reste très monolithique.
PRICE Florence (1887-1953)
PIANO ORCHESTRE
Concerto en un mouvement (ou D minor en 3 mvts) (1934)  icone   (***/-/*)  icone
Malgré le titre indiquant parfois un seul mouvement, cette œuvre présente, 3 mouvements très caractérisés thématiquement (indiqués parfois aussi sur certaines références). Nous la traiterons donc en 3 mouvements pour ce qui est de l'analyse critique. Ce concerto est typiquement une œuvre classico-romantique inspirée de l'écriture musicale virtuose propre à la fin du 19ème sicèle (quoique probablement écrite au 20e siècle). L'écriture pianistique présente des effets remarquables sur le plan de la densité harmonique alliée à une grande légèreté et une grande virtuosité. L'on y retrouve des motifs plus ou moins proches à de nombreuses œuvres de référence de la période romantique, sans toutefois que l'on puisse considérer qu'il s'agisse d'emprunts. L'œuvre est traversé par un élan lyrique atténué, cependant réel. En revanche, la compositrice ne semble pas manifester d'invention mélodique particulièrement riche, ce qu'elle compense par la complexité motivique et harmonique. Les épisodes symphoniques sont parfois un peu ternes et timides. Si le premier mouvement atteint manifestement un niveau musical très élevé, les autres mouvements demeurent largement en retrait, aussi bien le mouvement lent que le dernier mouvement en style de negro spriritual.
WEINBERGER Jaromir (1896-1967)
ORCHESTRE
Six mélodies et danses bohémiennes (1929)  icone   (**/*/-/-/*/-)  icone
Cette œuvre, me semble-t-il, ne vaut que par son 1er mouvement, atypique par rapport aux autres mouvements. Il s'agit en effet d'une prestation essentiellement violonistique que l'on classerait plus volontiers comme une œuvre pour violon et orchestre. Très solistique et très rhapsodique dans le sens de la musique rhapsodique tzigane plutôt que bohémienne, elle atteint une virtuosité très poussée, très expressive, cependant sur une thématique relativement vague. De plus, elle se trouve dépréciée par une intervention orchestrale centrale qui n'est pas à la hauteur de la démonstration violonistique. Les autres parties, se caractérisent par un rhapsodisme très tempéré. Surtout, hormis quelques passages plus animés ces parties sombrent dans un style terne et compassé.


ŒUVRE REVISITÉE
SCHARWENKA Xavier (1850-1924)
PIANO
Quatre danses polonaises op 58
Scharwenka excelle dans ces Polonaises, comme dans celles, les plus brillantes de l'opus 3. Un pianisme fulgurant, dense, exploitant admirablement les contrastes entre un thème d'une particulière robustesse rythmique et un thème très mélodique (par exemple dans l'Allegro ma non tanto). Le thème mélodique (comme par exemple dans le Lento) peut exprimer une âpre mélancolie dans le médium.
Moderato (***)
Lento (***)
Allegro non tanto (***)
Moderato 2 (**)



https://www.critique-musicale.com

À bientôt
Claude Fernandez


SOMMAIRE