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LETTRE-MÉLOMANE 2019-09


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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LOLLI Antonio (1725-1802)
VIOLON ORCHESTRE
Concerto 3 A minor op 4 n°1 (1766)  icone   (**/*/-)  icone
ce concerto manifeste un style plutôt proche du style baroque que du style galant -dont il ne présente quasiment pas de trace. Le premier mouvement nous communique parfois à l'occasion des soli cette ivresse des motifs extrême-aigu, une sorte d'ivresse de la lumière particulièrement lyrique très propre au style baroque mature - voire vivaldien. En revanche, le thème en tutti apparaît très décevant, vigoureux, certes, mais à mon goût dépourvu d'attrait proprement musical. Le 2ème mouvement est un intermède assez court où s'exprime assez peu la sérénité propre à ce type de mouvement. Quant au 3ème mouvement, s'il présente des effets de virtuosité dépassant parfois le style propre baroque, notamment en staccato, il n'en tire pas, me semble-t-il l'intérêt qui pourrait en être consécutif. Le mérite de Lolli est sans doute, à cette date tardive (1766) de n'avoir pas bradé les aspects positifs du style baroque pour le style galant (ce qu'a fait sans vergogne Vivaldi dans ses derniers opus à une date bien antérieure), mais il n'atteint pas à mon avis une synthèse novatrice efficiente.
MARTINEZ Marianna von (1744-1812)
CLAVECIN
Sonata sol maj (1763)  icone   (**/**/-)  icone
Style très typiquement propre aux clavecinistes de l'époque baroque, restitué tardivement (si l'on en croit la date de composition de 1763). La compositrice, malgré les particularités de l'instrument soliste, a su développer une admirable mélodie dans le 2ème mouvement, malheureusement une grande partie de ce mouvement me paraît témoigner d'une baisse d'inspiration manifeste. Très inégal m'apparaît également le 1er mouvement, excellent dans sa première partie, mais à mon avis médiocre dans sa seconde partie. Le 3ème mouvement, par son alacrité trop marquée par rapport aux inconvénients du clavecin, devient vite fatigant. Dans l'ensemble, un contenu moins dense, plus allégé, aurait sans doute mieux convenu à ce genre musical.
PIANO
Sonata 3 A major  icone   (*/**/*)  icone
Cette pièce apparaît considérablement imprégnée par le style baroque des clavecinistes (scarlattien pour simplifier), notamment pas ses nombreux agréments. Bien que nous ne disposions pas de la date de composition (peut-être 1763), on peut tout de même l'évaluer largement avancée jusqu'à la 2ème moitié du 18e siècle, ce qui est assez étonnant à une époque où fleurit le style galant. Sur l'ensemble, si le piano solo montre quelques beaux moments de volubilité, il se restreint à une simplicité parfois (souvent) un peu primaire. Le 2ème mouvement échappe en partie à ces critiques par sa richesse harmonique et son expressivité marquée.
SPOHR Ludwig (1784-1859)
VIOLON ORCHESTRE
Concerto 2 D minor op 2 (1804)  icone   (**/**/**)  icone
Très bon concerto qui nous renseigne sur l'évolution du compositeur (en le comparant au 8 ou au 12). Il apparaît assez peu de différence, tant sur le plan violonistique que symphonique ou même thématique. L'on retrouve des motifs toujours bienvenus d'un lyrisme tempéré, noble. le jeu legato domine, mais pas plus que dans le Concerto 12. Sur le plan de l'évolution de la thématique violonistique, nous retrouvons une thématique comparable (notamment dans les passages lyriques de virtuosité en staccato) à celle des concertos de Paganini. Spohr est-il le précurseur de cette thématique très spécifique ou bien est-ce Paganini ou encore d'autres œuvres de l'époque. Il est impossible de trancher en raison de l'incertitude concernant la date de composition de ces œuvres (la date de 1804 est-elle correcte? de quelle année date la composition du Concerto 6 de Paganini (le premier écrit)? Ajoutons qu'il existe entre les 2 compositeurs un hiatus très important (un gouffre) sur le plan de l'élaboration thématique et de la virtuosité subséquente (à ce qu'il me semble). Au bénéfice de Spohr cependant une orchestration plus homogène, plus dense, parfois un peu poussive, mais sans jamais être lourde et mieux intégrée au soliste que dans les concertos de Paganini. In fine, belle œuvre, très égale, mais il manque à Spohr un certain esprit de bravoure sans lequel il n'est pas de concerto vraiment réussi.
STEFFAN Joseph Anton (1726-1797)
PIANO ORCHESTRE
Concerto in B flat major  icone   (**/*/-)  icone
L'on en connaît malheureusement pas la date de création de cette œuvre. Quoi qu'il en soit, elle apparaît comme un maillon de l'évolution musicale du classicisme au préromantisme. En utilisant de manière prépondérante la ritournelle galante, le compositeur brise néanmoins ce carcan pour introduire des passages plus lyriques, voire presque dramatiques. Le 1er mouvement - le plus réussi à mon sens - est caractéristique à cet égard. La première partie et surtout les premières mesures, adoptent un tempo hors de toute ritournelle par l'introduction de multiples silences. Ce mouvement me paraît incontestablement une réussite. La seconde partie, malheureusement plus conventionnelle, se rabat sur la ritournelle galante. Les mouvements suivants ne sont pas exempts d'effets lyriques, mais recourt plus souvent à la ritournelle galante facile, surtout dans le 3ème mouvement. L'orchestration, presqu'uniquement composé de cordes, sur l'ensemble, séduit plutôt. En revanche, les quelques interventions des cors sont à mon avis pitoyables et gagneraient à être supprimées.



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À bientôt
Claude Fernandez


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