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LETTRE-MÉLOMANE 2020-06


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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FRANCHETTI Alberto (1860-1942)
ORCHESTRE
Symphonie E minor (1885)  icone   (***/-/-/***)  icone
Franchetti adopte un style romantique indifférencié, subtil, sobre, mesuré, toujours très congruent, notamment dans le pianissimo, néanmoins il affirme de réelles possibilités lyriques, notamment dans la finale du dernier mouvement. Sa palette symphonique est variée, sans recherche excessive. Il utilise admirablement bien le cor dans un sens lyrique, mais aussi les pizzicati à l'orchestre. Seuls les 1er et 4ème mouvement nous paraissent dignes d'intérêt. J'attribue tout de même la mention d'excellence au 1er mouvement avec certaines réserves car la fin du mouvement semble montrer une relative faiblesse thématique. En revanche, le dernier mouvement, qui évoque vaguement une danse cosaque par son rythme, est admirable.
GABLENZ Jerzy (1888-1937)
PIANO ORCHESTRE
Concerto in D flat (1926)  icone   (-/**/-)  icone
Œuvre composite dans laquelle l'auteur oscille entre l'esthétique romantique tardive, brillante, virtuose et un modernisme générateur d'une écriture très dissonante. La thématique, la tonalité, qu'il s'agisse de passages de style néo-romantique ou moderne, restent de nature mélodique ou pseudo-mélodique, sans aucune incursion vers l'impressionnisme ou le post-wangérisme (caractéristique rares, il est vrai, dans le genre concertant). Les passages en superposition du piano et de l'orchestre sont d'un cacophonisme intolérable. Les 1er et 3ème mouvements sont ponctués de quelques développements virtuoses de la part du soliste, néanmoins d'envergure limitée. Contre tout attente, abandonnant son modernisme parasite, Gablenz se révèle relativement lytique et consonant dans un 2ème mouvement réussi, tant de la part du soliste que de l'orchestre.
KLAMI Uumo (1900-1961)
ORCHESTRE
Symphonie 2 op 35 (1945)  icone   (***/***/***/**)  icone
Œuvre largement implantée stylistiquement dans le style néo-impressionniste nordique, dans le sillage de Sibelius, quoique sans évolution particulière par rapport à ce compositeur. Et même l'on n'y retrouve pas le principe des effets statiques en leur paroxysme comme chez ce compositeur. L'on y discerne pas non plus de thèmes rhapsodiques nordiques. Tout au long de l'œuvre, Klami expose une très grande diversité de motifs peu développés. L'originalité de la thématique ne fait pas de doute. L'on doit signaler cependant que l'un de ces thèmes, dans le 1er mouvement, provient de Shéhérazade (Rimski-Korsakov). Une excellente symphonie, presque du début à la fin, même si l'on n'y trouve pas vraiment de passage exceptionnel. Excellente orchestration utilisant bien tous les registres instrumentaux avec clarté et souvent en solo. Il faut signaler cependant une superposition de ces registres trop accusée vers la fin du dernier mouvement, ce qui lui vaut d'être rétrogradé à 2 étoiles.
KRUMPHOLZ Johann Batist (1742-1790)
HARPE ORCHESTRE
Concerto op 9 F major  icone   (*/-/-)
Une œuvre à mon avis très peu inspirée, beaucoup moins que les concertos op 4 n°1 ou op 7 n°5, et surtout que les œuvres pour harpe solo du compositeur. Ce sont certainement les soli de ce concerto qui sont les plus décevants. Krumpholz ne s'évade pas des formules stéréotypées du style galant.
RHEINBERGER Josef (1839-1901)
ORCHESTRE
Symphonie 1 op 10 Wallenstein (1866)  icone   (*/*/***/**)  icone
Symphonie très contrastée sur le plan de l'intérêt musical comme sur le plan thématique. Une instrumentation variée, des effets symphoniques parfois très élaborés et bien ancrés dans les tendances les plus modernes du second 19e siècle, mais aussi des parties sans influx, sans thématique bien déterminée ou de faible intérêt. C'est le cas en ce qui concerne les insuffisances des 1er et 2ème mouvements entamant laborieusement cette symphonie. Ils comportent néanmoins sporadiquement des passages excellents. En particulier, à la fin du 2ème mouvement, on retiendra un passage très lyrique par un thème puissant du cor soutenu par l'orchestre, thème qui pourrait rappeler (vaguement) le fameux thème principal de l'Ouverture de Tannhäuser (Wagner). Ce sont les derniers mouvements qui témoignent du génie réel de Rheinberger, de son sens lyrique et de l'élaboration qu'il est capable d'atteindre en matière symphonique. Un passage lent dans le dernier mouvement, malheureusement, le relègue dans la catégorie "très bon" plutôt qu'excellent, ce qu'il pourrait largement mériter par ailleurs.
THEODORAKIS Mikis (1925-)
PIANO ORCHESTRE
Concerto AST 108 (1957)  icone   (-/-/-)  icone
Concerto moderne relativement atonal malgré parfois certaines tendance au mélodisme. Aucune provocation de dysharmonies outrées n'apparaît vraiment, cependant la superposition très accusée des registres instrumentaux confine à la cacophonie, notamment dans le 1er mouvement. Le 2ème mouvement n'introduit pas de mélodisme plus net ni de moindre dysharmonie, plutôt il se développe sur une scansion d'accords martelés. Le 3ème mouvement, d'un modernisme moins affirmé, présenterait, notamment dans la partie finale, quelques affinités avec le style ravélien.



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À bientôt
Claude Fernandez


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