LETTRE-MÉLOMANE
LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES
- : peu intéressant
* : assez bon
** : bon
*** : excellent
**** : exceptionnel
Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :
Concerto (*/*/-/*)
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BATE Stanley (1911_1959)
ORCHESTRE
Symphonie 4 (1954)

(-|-|**|**)
Une œuvre paradoxale en ce sens qu'elle apparaît néo-classique sur le plan harmonique, mais qu'elle manifeste un certain caractère "tonitruant". Elle présente étonnamment de nombreux passages très mélodiques exposés à la flûte et aux cordes, pas toujours réussis pour autant, le registre des cuivres et des percussions n'est pas privilégié D'autre part, les passages forte fortissimo, y compris aux cordes, sont désagréables. Il faut ajouter pour les 1er et 2e mouvements une grande désorganisation, une quasi-absence de thématique, une suite décousue de pseudo-motifs qui n'engendrent aucun effet positif. En revanche, les 3e et 4e mouvement présentent une thématique nettement plus organisée, malgré une surenchère sonore relativement agressive.
CALES PINA Francisco ((1886-1957)
ORCHESTRE
Symphonie 2 (1912)

(***|***|***|**)
Nulle musique n'est moins anguleuse que celle de Cales Pina dans cette œuvre au lyrisme tempéré qui pourrait rappeler Brahms ou Nino Rota. Dans une palette instrumentale purement néo-classique, le compositeur affectionne les mélodies lentes qui parsèment tous les mouvements, avec une grande réussite. Les transitions sont toujours douces, les passages du piano au forte très graduels. Le compositeurr agrémente ses mélodies de petits motifs en arrière-plan en nuance piano ou pianissimo confiés à divers instruments (souvent la flûte, mais aussi parfois étonnement la trompette en nuance pianissimo). Le défaut correspondant à ses qualités, sans doute, est parfois le manque de dynamisme, même dans le scherzo. L'on pourrait critiquer également le recours au style du contrepoint fugué dans le dernier mouvement, exercice rhétorique, quoique bien intégré dans le style symphonique néo-classique.
CARWITHEN Doreen (1922-2003)
ORCHESTRE
Suffolk Suite (1964)

(-|*|**|-)
Bien en deçà de son concerto pour piano, cette Suite, composée de 4 mouvements très courts. offre un ensemble assez fade, même en ce qui concerne la péroraison relativement cuivrée qui fait office d'ouverture et la finale (4e et dernier mouvement). Seul se distingue le 3e mouvement, plus animé, relativement d'inspiration rhapsodique. L'orchestration, dépourvue de la moindre originalité, demeure dans un néo-classico-romantisme très sage.
CHAMINADE Cécile (1857-1944)
ORCHESTRE
Suite Challirhoe op 37 (1888)

(***/****/**/***)
Une suite admirable qui rapelle bien le style spécifique des ballets dont elle est dérivée. L'on retrouve les modulations harmoniques dont use la compositrice (en particulier dans son concertino pour flûte). L'on remarquera l'importance des parties confiées à cet instrument ainsi qu'à la clarinette, parfois à découvert en solo (dans le 2e mouvement). Les cordes adoptent parfois des harmonies "sirupeuses" du plus bel effet, dans le style rhapsodique américain, notamment dans le 1er mouvement (Prélude). Le mouvement le meilleur est certainement le 2e. Le dernier mouvement (Pas des cymbales) nous prodigue une danse étourdissante dans un rythme endiablé empreinte également d'un mystère indicible. Le 2e thème pourrait rappeler quelque peu la fameuse "Espana" de Chabrier.
KAPUSTINE Nicolaï (1937-2020)
PIANO ORCHESTRE
Concerto 2 op 14 (1974)

(-|-|-)
Bien que le contenu motivique y soit apparenté très étroitement au jazz, cette œuvre n'en porte pas moins la marque classique. Son appartenance au domaine de la "musique classique" ne peut être contestée, notamment par l'intervention de passages relativement virtuoses, dont une pseudo-cadence au centre du 2e mouvement lent. En revanche, la pulsion rapide uniforme et la surconcentration sonore, tant pianistique que symphonique, devient vite, malgré certains effets bienvenus, par exemple ce qu'on pourrait nommer un pseudo-thème principal aux 1er et dernier mouvement. Globalement, l'audition, nous semble-t-il, devient vite fatigante, et même assommante. Kapustine n'a pas réalisé la fusion si pertinente d'un Gershwin ou d'un Grofé entre le jazz et le classique.
SILBERMAN Benedict (1901-1971)
VIOLON ORCHESTRE
Concerto (1925)

(-/**/*)
La structure de ce concerto se caractérise par un très long 3e mouvement. Il affirme un style pseudo-moderne tonal, une thématique diffuse, des sonorités acides (notamment de la part du soliste), très peu mélodiques, ce qui peut cependant se concevoir et créer même parfois des effets, cependant ceux-ci sont trop sporadiques. L'orchestre évolue par bribes souvent en nuance piano créant des effets parfois bienvenus, mais si peu souvent. Après une introduction d'une certaine qualité (qui revient à la fin de l'œuvre, le 1er mouvement se perd dans des divagations stériles. L'œuvre est néanmoins sauvée par son 2e mouvement où violon et orchestre s'affirment, quoique sur une thématique lâche, par des motifs originaux. Le dernier mouvement peine à maintenir l'intérêt par un contenu trop disparate.
ŒUVRE REVISITÉE
RAFF Joaquim (1822-1882)
ORCHESTRE
Symphonie n°7 In den Alpen (1875) (***/***/*/*)
Œuvre au style bucolique évident,
c'est la Pastorale de Raff, et l'on y sent parfois (dans
les thèmes du premier mouvement) l'influence de celle de
Beethoven. Révélant un traitement orchestral plus léger
que dans la Symphonie n°6, cette symphonie se
caractérise par une grande richesse thématique, parfois
amoindrie par la répétition des motifs. Le premier
mouvement, très long, en est l'illustration. On y admirera
particulièrement le début, d'une puissante originalité
dans l'utilisation des timbales, et dont le style, préfigure
parfois Sibelius. Le mouvement suivant exploite une même
scansion rythmique très prenante entretenue jusqu'à la
coda malgré l'utilisation de plusieurs cellules motiviques. Au
centre, un motif en style de valse fait diversion. Quant au dernier
mouvement, comme souvent chez Raff, il me paraît un déploiement
orchestral un peu artificiel et convenu.
À bientôt
Claude Fernandez