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LETTRE-MÉLOMANE 2019-08


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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ALLAN Esther (1914-1985)
PIANO ORCHESTRE
Romantic concerto (1945)  icone   (-)  icone
Suffit-il de nommer romantique une œuvre pour qu'elle en présente les caractéristiques? Évidemment non, et le concerto d'Esther Allan me paraît très éloigné de ce qu'implique une telle appellation. Un unique motif, à mon sens très sommaire, est répété du début à la fin - sans que pour autant l'on puisse considérer ce concerto comme musique répétitive. C'est pour moi une œuvre extrêmement pauvre thématiquement. À ce défaut majeur s'ajoute une partie symphonie tout aussi pauvre, et plus encore cacophonique. La compositrice nous offre l'aspect le plus négatif du néo-classicisme.
ARENSKI Anton (1861-1906)
TRIO
Trio 2 op 73 (1905)  icone   (-/*/*/*)  icone
Aucune des qualités qui avaient marqué le premier trio du compositeur ne semblent se retrouver dans ce second trio. Un ensemble animé, ne sombrant jamais dans l'ennui profond, des thèmes assez bien caractérisés, me semble-t-il, mais aucun de ces thème ne paraît dégager un intérêt musical vraiment caractérisé. Un bon équilibre semble réalisé entre les parties. Très peu de sensualité, mais plutôt une certaine intellectualité se dégage de ces pages un peu décharnées.
COULTHARD Jean (Jane) (1908-2000)
PIANO ORCHESTRE
Concerto (1930)  icone   (-/-/*)  icone
Œuvre moderne, d'un tonalisme très diatonique, ce qui engendre un style dur, désagréable, peu propice à l'expression d'une quelconque musicalité. Toutefois, la compositrice évite tout continuum rythmique fatigant. L'ensemble apparaît plutôt arythmique. L'orchestration, très sommaire, assène des motifs bruts dans le même style, toutefois sans effets cuivriques trop cacophoniques. L'incompatibilité d'un tel style avec une quelconque expression mélodique, voire thématique, se manifeste particulièrement dans le 2ème mouvement lent. En revanche, le 3ème mouvement réserve d'inattendus passages de virtuosité, éblouissants qui parviennent à oblitérer la carence. Cette œuvre se situe d'une manière caractéristique dans la lignée de Bartok, Martinu, Chavez, sans cependant adopter le continuum rythmique de ces compositeurs. Dans la même veine, on pourrait citer les concertos d'Emil Tabakov (2003), Carl Vine... Les passages de virtuosité dans le 3ème mouvement tireraient plutôt vers Taktakichvili, Nivak, sans atteindre la subtilité de ces œuvres, d'une autre envergure.
KALINNIKOV Vassili (1866-1901)
ORCHESTRE
Ouverture Bylina  icone   (**)  icone
Sans doute d'un intérêt moins affirmé que sa Symphonie 2, mais largement plus que sa Symphonie 1, cette ouverture de Kalinokov paraît assez bienvenue. Les thèmes y sont variés, imprégnés d'un rhapsodisme qui emporte l'adhésion. La richesse harmonique est évidente. Si certaines combinaisons instrumentales sont élaborées, le compositeur tombe parfois, me semble-t-il, dans des superpositions symphoniques un peu abusives, sans toutefois atteindre le cacophonisme (on en est encore loin).
LANGGAARD Rued (1893-1952)
ORCHESTRE
Symphonie 1 B minor, BVN 32 Klippepastoraler - Mountain Pastorals (1908)  icone   (*/-/-/-/-)  icone
cette symphonie apparaît très compacte et peu animée. Pour simplifier, nous dirons que le compositeur se situerait quelque part entre la symphonie 1 de Bruckner et les poèmes symphoniques de Sibelius, Une orchestration qui recherche la puissance et qui l'atteint parfois, mais à mon avis rarement en raison de l'indigence thématique. Un seul thème - celui du 1er mouvement - mérite d'être signalé, thème réexposé au début du dernier mouvement. Au crédit de Rued Langraard malgré ce constat sévère: un symphonisme ne cherchant nullement à imposer un quelconque modernisme, et qui n'est jamais lourd en ce sens qu'il réside surtout dans les effets de nuance forte, L'utilisation des cuivres - si souvent indigeste dans les œuvres pseudo-modernes - apparaît dans cette symphonie assez équilibré.
PAGANINI Nicolo (1782-1840)
DUO ALTO GUITARE
Sonate Op. 2 MS 26, No. 1  icone   (***/*)  icone
Paganini nous délivre dans les premier mouvement de cette sonate une mélodie complexe, sur un large écart de tessiture, dont il a le secret. Le mouvement suivant de cette sonate ne nous procure guère de matière musicale. C'est avec le premier mouvement de la Sonate n)6 les seuls parties de cette série de 6 sonates pour alto et guitare qui témoigne d'une inspiration élevée. Le reste se cantonne dans des formules mélodiques assez anodines. Il est curieux que dans toutes ces sonates, Paganini, qui se piquait d'être aussi un virtuose de la guitare, n'ait pas dans ces œuvres mis en valeur cet instrument, le limitant à un sage accompagnement sans envergure.
Sonate Op. 2 MS 26, No. 2 (*/*)  icone
Sonate Op. 2 MS 26, No. 3  icone   (**/*)  icone
Sonate Op. 2 MS 26, No. 4  icone   (*/**)  icone
Sonate Op. 2 MS 26, No. 5  icone   (*/*)  icone
Sonate Op. 2 MS 26, No. 6  icone   (***/**)  icone
Sonata concertata in A major op 61  icone   (-/*/-)  icone
C'est une des œuvres dont on préférerait que le compositeur n'ait jamais composé. Difficile de comprendre quelle motivation a pu le pousser à écrire ces pages manifestement monotones, dépourvues de toute virtuosité où guitare et alto rivalisent d'insignifiance.



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À bientôt
Claude Fernandez


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