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LETTRE-MÉLOMANE 2019-10


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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CZERNY Carl (1791-1857)
ORCHESTRE
Symphonie 5 E flat major  icone   (-/-/-/-)  icone
Massive, poussive, uniforme, terne, lourde, on pourrait multiplier les qualificatifs négatifs à l'égard de cette symphonie très monolithique. Czerny nous avait donné une idée plus positive de ses possibilités musicales dans son Divertimento pour piano et orchestre. L'on ne peut pas affirmer que toute thématique est absente de cette symphonie, mais les thèmes bien présents, assez limités tout de même, me semble-t-il, sont noyés dans un magma orchestral peu propice à les mettre en valeur.
HEROLD Louis-Ferdinand (1791-1833)
ORCHESTRE
symphonie 1 (1813) (1813)  icone   (***/**/*/***)  icone
Grande symphonie très lyrique, qui pourrait être comparée à la 5e de Beethoven, tant sur le plan thématique que pour le pathétisme, quoique moins grandiose, moins puissante. Herold oppose dans le 1er mouvement en particulier (selon la coutume de l'époque) un thème vivace et un thème moderato selon un contraste dramatique. Sur le plan thématique, quoique l'originalité ne fasse aucun doute par rapport à Beethoven, l'on pourrait trouver des réminiscences de la 5e de ce dernier compositeur, mais il est possible que ces tours thématiques existaient déjà. Ce que l'on peut dire, Herold apparaît à la pointe de l'évolution symphonique à son époque. Il excelle moins dans les motifs lents que dans les thèmes lyriques plus rapides. Son orchestration apparaît, un peu plus légère que le standard viennois, mais pas plus colorée. Il s'en tire très bien dans cet exercice du dernier mouvement vif où de nombreuses symphonies évitent difficilement les pesanteurs.
MALISZEWSKI Witold (1873-1939)
PIANO ORCHESTRE
Fantaisie Kuyavian op 25 (1928)  icone   (-)  icone
Cette œuvre ressemble à de nombreuses fantaisies brillantes comme celle de Liapounov ou d'Arenski dont elle semble presque une copie mimétique. L'on y trouve une partie pianistique virtuose, une prédilection pour l'extrême-aigu... Sauf que la partition semble bourrée de fausses notes volontaires: un pseudo-tonalisme bizarre. comme si l'œuvre était exécutée sur un piano désaccordé. Le décalage entre l'aspect très classico-romantique de la thématique et le pseudo-tonalisme moderne crée l'incompréhension.
OUSTVOLSKAÏA Galina (1919-2006)
PIANO ORCHESTRE
Concerto  (1946)  icone   (-)  icone
Œuvre moderniste à mon avis dépourvue de toute musicalité. Ensemble relativement atonal, néanmoins sans déstructuration de la trame mélodique. Orchestre très allégé assénant parfois des percussions de timbales gratuites et sans propos, à ce qu'il me semble. L'ensemble, sans cacophonie cependant, évolue parfois selon une pulsion rythmique uniforme, rapide ou bien se dilue dans l'arythmie.
PETRINI Francesco (1744-1819)
HARPE ORCHESTRE
Concerto 1 op 25  icone   (*/*/*)
Ce concerto - dont on ignore la date de composition - présente une thématique assez indéfinissable, ni galante ni préromantique. Les thèmes à mon avis, d'un intérêt limité, sont cependant bien présents et exposés tout au long de l'œuvre. Le soliste, assez volubile, présente parfois une relative virtuosité. Les interventions orchestrales, de peu d'envergure, me semble-t-il, représentent le point faible de ce concerto - comme de nombreux concertos de ce type avant l'avènement du symphonisme romantique. Quelques passages plus lyriques se détachent cependant à l'intérieur de cet ensemble conventionnel. Le 2ème mouvement recèle un certain pathétisme, bien que la harpe y joue souvent un rôle d'accompagnement pour le violon.
VOROBYOV Gennady (1918-1939)
ORCHESTRE
Symphonie C minor (1937)  icone   (***/**/***/****)  icone
Cette magnifique symphonie est un exemple de modernisme musical parfaitement réussi. Orchestration hardie, réalisant des prouesses éblouissantes dans l'utilisation des registres instrumentaux. En particulier, Vorobyov excelle dans l'utilisation des percussions qu'il exploite dans un sens très lyrique sans jamais engendrer la moindre cacophonie ni la moindre outrance dynamogénique. Sa thématique est imprégnée d'un rhapsodisme très marqué, parfois de coloration chinoise. On remarquera notamment les motifs mélodiques au violon. Les crescendos sont très prononcés, aboutissant à des passages d'intensité fulgurante. On admirera la finale du dernier mouvement qui le termine en apothéose. En revanche, l'on ne trouve dans cette œuvre aucune tendance wagnérienne, ni même rimskienne Si le dernier mouvement s'impose dans sa totalité, on peut regretter, me semble-t-il, l'introduction du premier mouvement de plus faible intérêt, ce qui est dommageable pour la suite de ce très long mouvement qui est excellente. Pour cette raison, j'ai néanmoins accordé 3 étoiles pour ce mouvement malgré cette faiblesse



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À bientôt
Claude Fernandez


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