SOMMAIRE


LETTRE-MÉLOMANE 2019-06


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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CHAPI Ruperto (1851-1909)
ORCHESTRE
Symphonie D minor (1879)  icone   (***/***/***/***)  icone
Cette magnifique symphonie pourrait représenter une synthèse très aboutie des effets symphoniques remontant à Beethoven jusqu'à Wagner. L'on y trouve aussi la marque de Rossini lors de crescendos puissants. Ajoutons-y même possiblement des traces de Tchaïkovski, Verdi... Rappelons une fois de plus que ces références sont souvent une commodité de langage, une simplification masquant souvent une genèse musicale relative à un grand nombre de compositeurs, plus ou moins connus. Le 1er mouvement, dans sa structure, semble bien caractéristique du style viennois romantique au début du 19e siècle, Il présente en particulier la succession de 2 thèmes un rapide, lyrique et un thème lent, très mélodique par contraste. C'est sans doute le 2ème mouvement lent le plus réussi en raison d'une multitude de motifs. C'est également le mouvement le plus wagnérien, d'une grande richesse harmonique. Les 2 derniers mouvements, notamment grâce à des thèmes principaux très caractérisés, sont à l'unisson d'un ensemble très égal sur le plan de la thématique, quoique le scherzo (3ème mouvement), bâti sur la succession d'un thème rapide et d'un thème lent, apparaisse d'une structure peu orthodoxe.
GLASS Philip (1937-)
ORCHESTRE
Metamorphosis (1988) (-/****/***/***/-)  icone
La répétitivité constitue la base de toute musique et crée un effet musical primaire. C'est le cas de nombreuses musiques traditionnelles, du jazz en particulier et aussi de la musique baroque archaïque. Philipp Glass a incontestablement développé au-delà de ces références ce principe. L'effet obtenu par ces ostinati ad libitum demeure néanmoins fragile et parfois ne parvient à masquer leur contenu extrêmement simpliste, même en bénéficiant d'une intentionnalité affichée. C'est ce qui apparaît selon les parties dans Metamorphosis. Alors que Metamorphosis 2 s'impose, me semble-t-il, Metamorphosis 1 et 5 (qui est peu différent du 1) ne peut à mon avis se départir de son caractère rudimentaire. Metamorphosis 2 exprime une fascination harmonique très intense. On remarquera tout de même que les motifs mélodiques, quoique très lents, ne sont pas absents et demeurent essentiels, notamment dans Metamorphosis 2. J'ai longtemps hésité à l'attribution d'une 4ème étoile à ctte partie, elle correspond dans mon esprit beaucoup plus à l'effet d'originalité qu'à la valeur musicale intrinsèque.
GYROWETZ Adalbert (1763-1850)
PIANO ORCHESTRE
Concerto F major op 26 (1796)  icone   (-/**/-)  icone
Gyrowetz multiplie les évidences tonales jusqu'à plus soif sur un rythme guilleret continu qui me paraît difficilement supportable. Son écriture pianistique reste marquée par le style des anciens clavecinistes auquel il a intégré des éléments afférents au style galant. L'œuvre est cependant sauvée par le second mouvement, où l'influence galante est minimale. Ce mouvement bénéficie d'un excellent thème principal. L'on y retrouve quelque peu les réussites du compositeur dans le genre du quatuor. En revanche, le dernier mouvement est un continuum rythmique fatigant à mon avis dépourvu du moindre intérêt.
KONSTANTINIDIS Giannis (1903-1984)
ORCHESTRE
Rhapsodie d'Asie Mineure (1945)  icone   (*/**/*)  icone
Cette œuvre rhpasodique bénéficie d'une orchestration subtile, propre, soignée au point qu'elle ressemble plutôt à un exercice un peu compassé. Le contenu thématique semble tout de même restreint. Au premier abord, Konstantinidis paraît s'être inspiré (dans le 1er et 3ème mouvement) de Schéhérazade (Rimski-Korsakov), aussi bien sur le plan thématique que symphonique. Il faut néanmoins rester prudent sur cette assertion. Kontantinidis connaît certainement très bien la musique d'Asie Mineure et il est possible qu'il s'inspire directement d'une source antérieure.
LUCHESI Andrea Luca (1741~1801)
PIANO ORCHESTRE
Concerto F major  icone   (-/-/-)  icone
Cette œuvre, probablement écrite au début de la carrière du compositeur, s'inscrit typiquement dans le style de la musique vénitienne baroque. La régularité rythmique traduit un certain archaïsme, même en considérant que le compositeur ait pu la composer à un âge très jeune. L'on y trouve quasiment aucun trace de style galant et encore moins romantique. Sur le plan thématique, il faut bien se résoudre à constater qu'y règne le vide le plus sidéral. Il me paraît difficile de trouver une quelconque originalité dans ces pages convenues, sinon que le 2ème mouvement lent est nettement plus long que le premier, caractéristique assez rare pour un concerto du 18eme siècle et même de l'époque romantique.
NEUKOMM Sigismund von (1778-1858)
PIANO ORCHESTRE
Concerto C major op 12 (1804)  icone   (**/**/**)  icone
J'ai longtemps hésité entre 2 ou 3 étoiles pour chacun des mouvements composant cette œuvre. Si la tension lyrique, l'élaboration des parties symphonique et pianistique me paraît bien affirmée, il subsiste à mon avis des insuffisances liées au style lui-même, style en phase avec les œuvres contemporaines de l'époque (Beethoven, Woelfl Joseph, Herold Louis-Ferdinand, Dussek Johann Ladislav notamment), mais qui porte à certains égards les reliquats d'un classicisme parfois lourd et compassé (le traitement orchestral) et parfois anecdotique (dans la partie pianistique).
POPOV Gavril Nicolaïevitch (1904-1972)
ORCHESTRE
Symphonie 3 Héroïque - Espagnole op 45  icone   (-/-/-/-/*)  icone
Dans cette longue symphonie, Popov ne rejoint pas à mon avis - loin s'en faut - les chefs-d'œuvre de ses compatriotes dans le genre de la musique espagnole - si proche tonalement de la musique russe: Rimski-Korsakov (Capriccio espagnol), ni même Glazounov (Raymonda), C'est à peine si émerge de cet ensemble thématique, me semble-t-il, très inconsistant, un vague et très court thème hispanique réexposé 2 ou 3 fois, une velléité d'un second dans le dernier mouvement. L'orchestration, relativement classique pour l'époque, me paraît très sommaire. Au moins le compositeur nous épargne-t-il les incongruités de sa 1ère symphonie, mais on n'y trouve quasiment nulle part un certain lyrisme - tout de même mesuré - qu'il avait montré dans sa 2ème symphonie. On remarquera çà et là, à l'occasion de quelques motifs quelques traces de Rimski (le vol du bourdon) ou Falla (La Danse rituelle du Feu, peut-être), mais assurément de Stravinski (Pétrouchka) dans le dernier mouvement, le seul qui émergerait - parfois - un peu de l'ensemble, mais ne suffit pas à sauver cette œuvre insipide.



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À bientôt
Claude Fernandez


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