SOMMAIRE


MICHAEL PONTI, PIANISTE DES ŒUVRES RARES

UNE RENCONTRE INOUBLIABLE par Jean-Michel Percherancier

PRÉSENTATION par Claude Fernandez

Lors de ma jeunesse, au hasard d’une activité sportive commune, je rencontrai Jean-Michel Percherancier, esprit polymathe, mélomane, lexicomane... Il me confia collectionner sur vinyl ou cassette des œuvres pour piano et orchestre, la plupart ignorées. Convaincu personnellement que les œuvres célèbres, décantées positivement par le temps, seules, pouvaient receler du génie, j’en fus presque choqué. Je subsumais ces créations inconnues dans la catégorie de la subsidiarité. Intrigué néanmoins, j’acceptai d’écouter une première œuvre rarissime qu’il me proposa. J’en conserverai toujours le souvenir. Il s’agissait de la Fantaisie sur des thèmes ukrainiens de Serguéi Mikaïlovitch Liapounov. Après plusieurs auditions, j’en fus enthousiasmé au point que je la considérai comme une œuvre magistrale. Ce fut pour moi une révélation comparable à la nuit de Gènes pour Valéry ou la nuit mystique de Pascal. Toutes mes croyances antérieures s'effondraient: la décantation positive par le temps, l’attribution monopolistique du génie à un nombre limité de figures historiques. Durant cette époque, certains musicologues, virtuoses... peu nombreux, commençaient à revaloriser le continent englouti des œuvres ignorées autant que déprisées, surtout si elles relevaient de la virtuosité. Prétendre que nous fussions parmi les promoteurs influents de cette primauté disruptive serait présomptueux, nous pouvons néanmoins nous prévaloir plus humblement d’avoir accompagné ce mouvement novateur de l’historiographie musicale. Sur le plan pratique, ce fut pour nous le début d’un long compagnonnage musical. Nous avions décidé d’écouter chacun 2 œuvres rares pour piano et orchestre chaque quinzaine, puis de nous rencontrer afin d’en établir une appréciation. De mon côté, je libellai ces critiques tandis que Jean-Michel établissait différentes statistiques, schémas évolutifs sur l’ensemble ainsi qu’un répertoire complet. La suite fut l’édition de notre ouvrage commun… Parallèlement, la passion de Jean-Michel le conduisit à entretenir une relation avec une figure exceptionnelle de la virtuosité pianistique qui voua sa carrière à l’exhumation des œuvres rares, Michael Ponti. Voici donc l’article où mon ami témoigne de cette rencontre inoubliable.



UNE RENCONTRE INOUBLIABLE
par Jean-Michel Percherancier

J’ai eu la chance inouïe au cours de ma vie de mes 18 ans jusqu’à mes 69 ans de vivre un véritable conte de fées mirifique dont je voulais faire le compte-rendu avec tous ses détails tout aussi authentiques les uns que les autres. Tout ce que je vais relater relève d’une sorte de théopneustie tant la troublante succession de hasards heureux a de quoi laisser coi.
Le croyant dit que «  le hasard c’est quand Dieu veut rester anonyme ». Hasards tout aussi fascinants je vous en laisse juge. J’ai eu en effet la chance d’être ami avec l’un des plus grands pianistes classiques au monde de ces 50 dernières années….
Tout a commencé le jour de mes 18 ans (02/10/1972) où je me vis offrir un petit magnétophone à cassettes dont je rêvais depuis longtemps. Mélomane en herbe, j’ai toujours été friand de la dite « grande  musique ». L’œuvre qui déclencha cette passion fut l’écoute du magnifique concerto no2 pour piano et orchestre du compositeur et pianiste russe Serge Rachmaninov (1873-1943) qui interprétait souvent ses propres œuvres en concert. En moi-même je me disais qu’il devait bien exister d’autres concerti pour cet instrument tout aussi beaux et supercoquencieux. Ergo, je me décidais à me lancer dans la collection des œuvres pour piano et orchestre, le piano restant mon instrument de prédilection. Paradoxalement je n’ai fait que 2 ans de piano pour m’arrêter sur un petit récital lors d’une fin d’année de l’école de musique de Clamecy avec l’interprétation devant un public de parents d’élèves d’une petite pièce pour piano d’ Enrique Granados (1867-1916). Un ami, Guy Jaillot fut mon professeur mais sachant que je n’atteindrais jamais la perfection je préférais porter toute mon attention sur ma collection qui me comblait totalement….
Je suivais régulièrement les programmes de France Musique afin d’enregistrer le maximum de concertos. Alors bien sûr je commençais ma quête avec les œuvres les plus connues de Beethoven, Chopin, Liszt, Mozart, Brahms etc tant et si bien qu’un certain 20 septembre 1974 j’atteignais mes cent concerti. J’étais à la recherche d’œuvres de plus en plus rares tombées dans l’oubli pour diverses raisons. Me polarisant surtout sur les concerti du XIXème siècle, ma curiosité fut alertée par le fait qu’il s’agissait toujours du même pianiste qui les enregistrait, un certain Michael Ponti.
J’étais intrigué par le fait de savoir quelles raisons pouvaient pousser un tel artiste à une telle curiosité musicale…. Outre son intérêt pour les « grands » compositeurs, il semblait qu’il lui tenait à cœur de faire revivre les « petits » et oubliés. (I. Moschelès, M.Moszkowski, N.Medtner etc.….).
Mais, problématique question : comment entrer en contact avec ce pianiste, sorte d’extra-terrestre de la musique, pour le féliciter pour sa curiosité musicale qui sortait des sentiers battus. J’avais bien le nom de sa maison de disques aux USA, Vox Candide pour ne pas la nommer. Sur les conseils avisés du mari de ma marraine (mari qui devait décéder trois semaines plus tard) je me décidais à envoyer une lettre (sorte de bouteille jetée à la mer) à la maison d’édition des disques aux EU en lui demandant de bien vouloir faire suivre une lettre jointe au pianiste qui m’intriguait tant. Sans ce bon conseil arrivé à temps, peut-être que rien de ce qui suit n’aurait pu arriver… Qu’est-ce qu’un message d’admiration de plus pouvait apporter ou déclencher chez ce pianiste déjà sûrement entouré de tant de fans de par le monde?… Quelle ne fut pas ma surprise quand quinze jours plus tard je reçus l’enveloppe – réponse que j’avais jointe à mon envoi (au cas où) dans ma boite au lettres! Dans une lettre de deux pages il me signifiait en anglais qu’il était heureux d’avoir son premier fan en France où il n’avait jamais joué. Il m’indiquait son programme à venir avec l’adresse où le joindre lors de son prochain récital (à Hong-Kong!). Je croyais rêver… Et ce rêve se poursuivit les deux jours qui suivirent car je reçus trois disques vinyle (qui comportaient des concertos rares que je ne possédais pas) de lui le lendemain et une plaquette sur toute sa carrière depuis son premier récital le 5 février 1952 le surlendemain!
J’y apprenais que Michael Ponti était né à Fribourg in Bresgau en 1937 et qu’il prit ses premières leçons de piano aux USA (où son père travaillait) avec le professeur Gilmore Mac Donald élève du célèbre Léopold Godosky. Premier prix en 1951 à 14 ans du concours Stilman-Kelly réservé aux jeunes virtuoses de moins de 18 ans, il joua à 15 ans en première représentation publique le concerto no1 pour piano et orchestre de P.I. Tchaikovsky à Washington D.C. Poursuivant ses études en Europe (où son père était diplomate) sous l’égide d’Erich Flinsch (lui même disciple du grand Émile Sauer) il remporta de nombreux grands prix : 2ème prix du concours de Genève en 1959 ( tout comme le célébrissime Maurizio Pollini en 1957), 1er prix du concours Busoni en 1964, et la même année médaille d’argent au concours de la reine Élisabeth à Bruxelles (6ème prix), lauréat du concours Tchaikovsky à Moscou. Surnommé le « Horowitz de sa génération » par Life Magazine il a enregistré plus de cent disques dont l’intégrale des œuvres pour piano de Tchaikovsky, Rachmaninov et Scriabine. Comment un immense artiste tel que lui avait pu répondre au petit fan que j’étais? Nous correspondîmes ainsi pendant un an, lui m’envoyant des cartes postales du monde entier partout où il se produisait et moi des lettres d’ encouragements de Clermont-Ferrand pour toutes ses performances assez incroyables. Un jour sur l’une de ses cartes reçue de Floride, il me signifia qu’il allait jouer le concerto pour piano no1 de Chopin au Victoria Hall de Genève quinze jours plus tard en février 1977…. Nous ne pouvions pas être plus près géographiquement parlant l’un de l’autre. C’est pour cela qu’il m’invita à ce concert pour qu’enfin nous nous rencontrions.
Il me précisa même qu’une place gratuite m’attendait au guichet de la salle de concert…..Le 23 février 1977 je fis donc le trajet Clermont-Genève en état de lévitation tout en pensant à ce qui allait se produire le soir même. Tout émerillonné je fus même arrêté pour excès de vitesse! Je précisais au gendarme qui m’avait flashé qu’il fallait que je sois le plus rapidement possible à Genève car dixit «  je vais voir Ponti à Genève en life! » . Ne voulant pas être verbalisé, je lui précisais que j’étais de la « maison » mon père ayant été général de gendarmerie….Tout en étant installé dans la salle de concert comble, je frissonnais d’émoi n’arrivant pas à croire que le soliste du soir avait eu des égards pour moi. Mazette! Quelle prestation à la fois toute en douceur ou d’une virtuosité fracassante. Le public éplapourdi le plébiscita tellement qu’il lui offrit trois bis dont il avait le secret dont le fameux « Étincelles » de Moszkovski que le regretté Vladimir Horowitz jouait systématiquement à la fin de chacun de ses récitals. 2’40 d’une virtuosité décoiffante! À l’entracte je me précipitais tout excité vers la loge du maestro une carte de visite à la main pour lui signifier que j’étais bien venu le voir. Je la lui tendis tandis qu’il était assailli de toutes parts par les mélomanes ravis de leur soirée pour le congratuler. En voyant ma carte quelle fut sa réaction d’après vous? Il repoussa ses autres fans pour se jeter dans mes bras en lançant un troublant et inattendu « My Jean-Michel! ». Étant sur un petit nuage je le félicitais à mon tour pour sa magnifique interprétation mais ne perdais pas la tête en lui demandant s’il pourrait me consacrer quelques instants entre quatre yeux pour que nous parlions de notre passion commune pour les concerti rares. Il me fixa un rendez-vous pour le lendemain matin chez le premier violon de l’orchestre de la Suisse Romande Robert Zimanski chez lequel il logeait. Celui-ci faisait partie du trio Ponti avec le violoncelliste tchèque Jan Polasek. Eh oui en plus Michael Ponti jouait également de la musique de chambre….(trios de Saint-Saens, Dvorak, Chostakovitch, Tchaikovsky, Mendelssohn ….). Je m’esbaudissais à l’avance de le revoir rapidement sur scène.
Dès mon arrivée chez son logeur, il m’entraîna devant le piano voisin sur lequel trônait une pile de vinyles de tous ses enregistrements. Il me dit de choisir ceux que je n’avais pas encore! Quelle munificence! Longue discussion entre nous le violoniste nous servant d’interprète. Celui-ci est toujours en activité de nos jours jouant au sein de l’Amadeus piano Quartet et parle très bien le français. Ne voulant pas abuser de ce privilège qu’il m’avait fait en m’accordant deux heures d’entretien en privé, je rentrais à Clermont-Ferrand l’esprit « ailleurs » tellement il me semblait avoir vécu un rêve éveillé…..Tout cela était bien beau , même très beau, mais un nouveau défi se dressait devant moi : comment faire connaître Ponti en France où il était complètement inconnu? Une nouvelle fois, comment procéder? C’est là que je me suis rappelé avoir correspondu autrefois avec un producteur de France Musique (René Koering) au sujet toujours de concerti rares et qui travaillait à la maison de la radio. Je me décidais à lui écrire en lui signifiant qu’il fallait ABSOLUMENT faire connaître aux mélomanes français ce pianiste hors pair, véritable extra-terrestre du piano. Nouvelle bouteille jetée à la mer… Et nouvelle agréable surprise une semaine après en recevant une réponse dudit producteur. Il me stipulait qu’il avait deux idoles : un autre « grand », Alfred Brendel en l’occurrence et …..Michael Ponti!!! Je les mis immédiatement en relation. C’est ainsi qu’en 1978 nous nous fixâmes un rendez-vous autour d’un café à Paris pour parler du premier récital prévu le soir même salle Gaveau. De concert (c’est le cas de le dire) nous nous rendîmes tous les trois à la maison de la Radio pour faire en direct la publicité sur les ondes de FM du fameux récital à venir.
Après une présentation du « CV » du virtuose et d’une interview d’un quart d’heure par le présentateur Philippe Caloni, Michael interpréta en direct du studio la 1ère ballade de Chopin en guise d’avant goût de son récital. C’est René Koering qui le présenta ainsi au futur public en ces termes : « Michael Ponti s’inscrit tout à fait dans ce cycle de pianistes originaux ne serait-ce que par son répertoire qui est actuellement absolument unique : tous les concerti romantiques des plus célèbres aux plus méconnus ou oubliés et à ces dizaines de concerti il faut ajouter quelques centaines de pièces pour piano solo…Une mémoire extraordinaire donc, une capacité de travail stupéfiante le tout servi par une technique éblouissante et une force titanesque. Un diable d’homme à l’énergie fracassante et à une technique surprenante ».
Le même soir se produisait dans une autre salle de concert un autre Michael, Rudy celui-là, très réputé aussi. Le public parisien était gâté. L’après-midi dans les rues de la capitale les fans des deux artistes distribuaient des flyers aux passants pour faire la publicité de ces deux récitals qui s’annonçaient exceptionnels….Pendant ce temps Michael voulut répéter dans la salle de concert son récital du soir sur le Steinway de Gaveau. Il m’emmena avec lui et seuls tous les deux dans la salle vide (qui sera comble le soir même) il commença à dérouler son programme dont j’étais le premier à en avoir la primeur. Par moment il m’envoyait dans différents coins de la salle pour en tester l’acoustique. Petite anecdote qui dénotait bien son caractère simple et décontracté : n’ayant pas le temps d’aller se restaurer, il m’envoya aller lui chercher un sandwich qu’il engloutissait quelques minutes après de la main droite pendant qu’il jouait l’étude pour la main gauche de F. Blumenfeld l’un de ses bis préférés….Quel phénomène! J’avais convié des amis à venir à ce récital. Ils furent époustouflés et conquis par son jeu tour à tour délicat et virtuose tout comme tout le public qui le plébiscita plusieurs fois. Les « bravo » fusaient de toute part. Les « douze études d’exécution transcendantales » de Liszt firent fureur et l’artiste gratifia le public de trois bis dont il avait le secret. Le public fut conquis tout comme le critique musical Pierre-Petit du Figaro qui fit paraître le lendemain dans le grand quotidien un article très encomiastique et laudatif : « Sa technique hallucinante a sidéré autant que par l’originalité de son programme. Il parvient à l’émotion par la virtuosité. C’est un pianiste implacable qui nous entraîne dans une ronde diabolique où la virtuosité pure a la première place. Il nous réserve aussi des moments d’une douceur prévue et minutée. Tout cela avec une désinvolture de grand seigneur et des facilités techniques éblouissantes…..». Critique tout aussi élogieuse dans la Revue des 2 mondes : « Michael Ponti est un pianiste qui dispose de moyens techniques tout simplement fabuleux….Ses trois danses de Petrouchka lui ont donné l’occasion de se livrer à l’une des plus hallucinantes démonstrations de virtuosité auxquelles j’aie jamais assisté; le tout bien sûr sans la moindre trace d’effort…. »
Dans les mois qui suivirent ce fut d’autres nombreux concerts qui furent programmés dans toute la France : un récital marathon de cinq heures profus et portenteux donné sur la place St Jordi à Toulouse en plein air de 18h à 23 h avec l’interprétation des plus grands morceaux de bravoure écrits pour le clavier dont les variations Paganini de Brahms, les « tableaux » de Moussorgski, les 12 études d’exécution transcendantales de Liszt ….. « eh bien non seulement Ponti est sorti indemne de l’épreuve mais après cinq heures de piano non stop il trouva le moyen de donner deux bis vertigineux…. Le public, lui, en aurait redemandé jusqu’à l’aube… Seul l’instrument commençait à souffrir un peu une heure de plus et il aurait fallu réveiller un accordeur en pleine nuit! Ponti est un phénoménal virtuose mais aussi ce qui est plus rare un virtuose- musicien .Certes il y a des pianistes qui jouent aussi vite que lui et d’autres aussi fort que lui. Mais si Ponti déploie de prodigieux moyens techniques ce n’est pas pour masquer le vide du cœur et de la pensée. Tout au contraire cette virtuosité intelligente et sensible va traquer la musique jusque dans ces moindres replis , en ses plus intimes détails, pour révéler à travers les rythmes, les mélodies, les accents, les harmonies, les silences aussi ... - des richesses inouïes. Bref une véritable performance sportive et ce qui ne gâte rien c’est que Ponti dans son extrême concentration joue avec une extrême simplicité »… Puis un autre concert à Metz avec orchestre, à nouveau concert à Toulouse avec l’interprétation du 2è concerto pour piano de Bartok sous la baguette de Michel Plasson, encore un autre à Tours en 1985 où il interpréta deux fois dans la même après midi le concerto et la rhapsodie in blue de Gershwin. Un nouveau Gaveau en 1979. Concomitamment son trio se produisait un peu partout dans le monde (Philarmonie de Berlin, Théâtre du Ranelagh à Paris etc.…). Lors de ses tournées internationales les éloges pleuvent dans les plus grands médias du monde : Herald Tribune, Daily Telegraph, the Guardian, Suddeutsche Zeitung, le Monde ,New York Times, die Welt, the Japan Times etc etc.... Lors de son passage à Tours je me rendis dans une librairie musicale (ARS MUSICAE) dont j’avais beaucoup entendu parler. En fouinant dans les rayonnages j’étais à la recherche d’une éventuelle perle rare. Sonica, mon regard fut attiré par les deux tomes du « Répertoire encyclopédique du pianiste » d’Hortense Parent qui énuméraient assez exhaustivement toutes les œuvres pour piano solo et orchestre des XVIIIè et XIXè siècles. Livres précieux pour mes recherches dont je m’emparais dans l’instant. Puis mon attention fut attirée par un ouvrage écrit par un professeur de musicologie à la Sorbonne Danièle Pistone (nom prémonitoire?) sur la symphonie au XIXè siècle. En mon for intérieur je me demandais pourquoi ne pas écrire un livre similaire mais sur les œuvres pour piano et orchestre du XIXè cette fois qui entrerait dans cette même collection (aux éditions Champion-Slatkine). J’achetais ce livre et envoya une lettre a son auteur à Paris en lui demandant si un ouvrage sur les concertos pour piano du XIXè siècle pourrait l’intéresser. Nouvelle bouteille jetée à la mer….Par retour de courrier elle me répondit favorablement en me demandant de consulter notre manuscrit de mon ami (Claude Fernandez) et moi-même dont nous avions fait l’ébauche un an auparavant… Tout à fait séduite par nos recherches elle nous chapeauta tels deux étudiants pour finaliser l’ouvrage et le présenter ainsi à l’éditeur. Elle dut bien nous « pistonner » un peu car il accepta l’ouvrage avec contrat à l’appui. Le livre fut publié en 1988 et fut dédié bien évidemment à... Michael Ponti. L’ouvrage consiste en un historique du genre, d’une analyse approfondie de plus d’une centaine de concertos les plus marquants en 130 pages et enfin d’un répertoire aussi exhaustif que possible de toutes les œuvres qui avaient été écrites pour piano et orchestre à travers les ages depuis l’apparition du piano forte et cela en 120 pages. L’éditeur présenta ainsi le livre aux critiques musicaux : « Claude Fernandez et Jean-Michel Percherancier livrent ici le résultat de plus de dix années d’efforts passionnés qui leur ont permis de réunir quelque 4.000 compositions pour piano et orchestre. Après un rapide historique des genres et des styles concernés, le volume se scinde en deux parties : la présentation commentée des principales œuvres dont les auteurs notent à chaque fois l’intérêt et pour lesquels ils proposent un enregistrement de référence, puis le répertoire général alphabétique et analytique. En appendice, quelques synthèses intéressantes (comparaisons de dates, effectifs, découpages, classement chronologique…). Cette nouveauté de l’édition musicologique intéressera le spécialiste comme l’amateur de ces ouvrages qui comptent parmi les plus riches et les plus prisés de notre civilisation musicale ».
La nouvelle question qui se posait à mon ami et à moi était de savoir quelle couverture donner à notre livre. Là encore une sorte de théopneustie... Au début de ma collection je demandais un jour à un ami de la famille qui était graphiste (Michel Icardo devenu depuis Michel Ocelot le créateur du personnage Kirikou) : « Si un jour j’écris un livre sur les concertos pour piano que verrais-tu comme jaquette? »…... Prémonition? Il me dessina un projet qui incroyablement sera celui qui figure sur notre livre qui devait paraître 20 ans après ma requête..! Entre temps je recevais toujours des cartes postales du monde entier de Michael et cela me poussa à lui confectionner un press-book sur toute sa carrière dont il notait tous les détails (noms des chefs d ‘orchestre plus de 300 dans toute sa carrière, nombre d’interprétations de tel ou tel concerto etc etc).En remerciement de ce précieux cadeau que je lui envoyais chez lui en Allemagne (Eschenlohe am Loisach) il m’envoya son dernier CD dédicacé du récital qu’il venait d’enregistrer aux USA. Il refit une troisième apparition à Paris, après donc deux Gaveau, pour la création en 1ère mondiale du 2ème concerto pour piano de C. Franck avec l’orchestre de radio France dirigé par Michael Tilson-Thomas en direct sur les ondes de FM. Dans les colonnes du « Monde » l’événement fut relaté en ces termes : « La partie de soliste de ce concerto résume à peu près toutes difficultés de la technique pianistique. Michael Ponti qui jouait par cœur avec une fougue peu commune réussissait à faire oublier que la virtuosité était sans doute le seul prétexte de la partititon et ce n’était pas là le moins étonnant... » Tous ces concerts donnés en France avaient été programmés par René Koering lors d’un autre rendez-vous que nous eûmes tous les trois le 21 01 1980 à Paris. Je reste persuadé que si Michael avait enregistré la 2ème sonate pour piano de celui-ci toutes les portes de tous les festivals français lui auraient été ouvertes... Mais au vue de sa grimace faite en parcourant la partition, je compris qu’il ne voulait pas interpréter une musique très éloignée de ses idées et principes restés très classiques. Il ne voulait pas se renier quitte à ne pas avoir la notoriété qu’il aurait mérité d’avoir en France. C’est ce jour là qu’il me promit de venir à Clamecy chez moi pour donner un récital privé réservé à quelques mélomanes du cru à l’occasion de mes 50 ans (02-10-2024)…..Voici ce qu’il me proposa de jouer : Scarlatti : 3 sonates- Beethoven : sonate no 23- Chopin : ballade no2- Liszt-Mozart : réminiscences de don juan- Chopin : 3 études op.25- Liszt : 2 études d’exécution transcendantes- Blumenfeld : étude pour la main gauche- Rachmaninov : 2 études tableau op.39- Scriabine 3 études- Liszt:la Campanella- Stravinski : Petrouchka – Schulz-Evler : Arabesque sur le beau Danube bleu- Liszt-Mendelssohn : Marche et danse sur les songes d’une nuit d’été- et en bis Moszkowski : Étincelles- Liszt: 6è rhapsodie hongroise! Quel programme et quel cadeau!
Sa notoriété grandissait en France. Alain Cochard écrivait dans la revue Diapason de juin 1998 ces quelques lignes : « Plusieurs récitals life (Diapason d’or) et une étonnante anthologie des transcriptions des grands airs d’opéra de Wagner nous ont déjà donné l’occasion de regretter les trop rares apparitions de Michael Ponti dans les salles de concert et des festivals français. Michael Ponti demeure pourtant un des derniers représentants de la grande tradition romantique du piano.
Nul doute que dans quelques années la France musicale s’apercevra de son injustice envers ce géant et battra alors sa coulpe à coups de superlatifs... Manifestant une aisance et une fluidité de jeu incomparables, une finesse des nuances dans la sonorité, son jeu reste sans voix... »
Et puis entre temps un gros malheur en l’an 2000. Lors d’une balade en VTT, il fait un AVC dévastateur qui le paralyse du bras droit... Nonobstant cette pire des choses qui puisse arriver à un pianiste, il ne baissa pas le bras (il ne pouvait en pouvoir plus qu’un) et cela ne l’empêcha pas de poursuivre sa carrière. En effet pour le pianiste Paul von Wittgenstein qui avait perdu l’usage de son bras droit à la guerre, Ravel, Prokofiev et Korngold ont composé chacun un concerto pour la main gauche et orchestre. Michael continua ainsi de donner des concerts toujours dans le monde entier.
Dans un des courrier que je lui envoyais pour le soutenir dans cette épreuve traumatisante, je lui spécifiais que je me sentais épuisé par mon travail. Par retour de courrier il me proposa de venir passer une semaine chez lui pour me ressourcer et me reposer... J’acceptais volontiers cette idée sachant par avance que j’allais passer huit jours de rêve seul avec mon idole, sa femme Bika et leur fils. Je l’ai toujours un peu considéré comme mon père de substitution vu que j’avais reçu sa première lettre seulement cinq semaines après la mort du mien... Pendant mon séjour, pour le remercier de son accueil, je lui montais sa toute nouvelle bibliothèque qu’il avait reçue en kit.
Quand j’eus fini il me dit gentiment que c’était ma « masterpiece ».Et lui pour me remercier il m’interpréta pour moi seul assis à coté de lui sur son grand Steinway de concert le concerto pour la main gauche de Ravel ...sans orchestre cette fois. Pendant son interprétation il essayait de faire bouger ses doigts de la main droite avec un petit appareil orthopédique….Quelle volonté! Quelle forfitude! À la fin de sa prestation mon regard fut attiré par une K7 VHS qui trônait sur le piano.
Je lui demandais ce qu’elle contenait. Il ne se rappelait pas qu’il avait été filmé à deux reprises en train de jouer le no1 de Tchaikovsky en Afrique du Sud et le 3è concerto de Rachmaninov en Allemagne pendant l’année 1993. Quel régal de le voir sur scène pour l’éternité… car il était effectivement pour tous ceux qui l’ont vu jouer une « bête de scène ». Me prêtant le précieux document j’en fis plus tard une copie sur DVD. C’est cette copie que je devais prêter à son fils passé me voir après le décès de son père. À ce jour il ne me l’a toujours pas rendue….Je regrette d’autant plus ce DVD que l’on y voyait Michael plaquer un accord fantastique au milieu du 2è mouvement du Tchaikovsky qui consistait en un phénoménal coup de poing de la main gauche
au lieu du traditionnel accord plaqué classique. Il n’y avait que lui pour faire des choses pareilles…
C’est peut être à cause de cela que quand je rencontrais la grande Martha Argerich à Berlin elle me dit en parlant de Michael : « he is crazy! ». Mais par bonheur je garde cette image bien ancrée en moi et la visualise bien à chaque fois que j’écoute ce concerto….
J’ai omis de vous parler de notre rencontre en Allemagne sur 72 heures alors que je revenais de mon service militaire à Berlin. Je le suivis dans sa tournée avec un orchestre anglais à Francfort et Stuttgart où il interpréta toujours aussi merveilleusement le concerto no3 de Rachmaninov pour sa 80ème fois (ou plus) de sa carrière….Il faut dire qu’entre ses 15ans et ses 63 ans il a joué plus de 90 fois le concerto no1 de Tchaikovsky!!! Devant quitter précipitamment Frankfort pour se rendre à une représentation avancée dans sa tournée, il me céda sa chambre d’hôtel restée vacante. C’est ainsi que le lendemain matin je fus sorti de mon sommeil par un « Herr Ponti das ist 8 Uhr! » de la part du standardiste de l’hôtel… J’étais pas peu fier….
Mon seul regret concernant cet immense artiste est qu’il ne se soit jamais produit au Canergie Hall de New-York à cause certainement d’un imprésario trop timoré (David Llewelynn), car dans le cas contraire il aurait eu une notoriété équivalente à celle des Vladimir Horowitz, Artur Rubinstein, Lang Lang, Artur Benedetti-Michelangeli et congénères. Michael m’avait toujours fait comprendre que le contraste entre les applaudissements fournis et les « bravo » du public et la solitude qui suivait dans sa chambre d’hôtel était dure à supporter….Mais comme j’aurais aimé faire son métier….
En tant qu’acteur il a joué le rôle d’Anton Bruckner dans un documentaire sur le grand compositeur
et en tant qu’accompagnateur il a gravé un disque chez Deutsche Gramophon avec le grand baryton Dietrich Fischer Dieskau avec les lieder de C.Ives.
Que de publics avait-il subjugués et émerillonnés au cours de sa carrière qui dura plus d’un demi siècle! Puis ce fut une fin de vie dans un EHPAD à Garmisch Partenkirchen non loin de chez lui.
Et enfin son décès en 2022 à 85 ans. Mais sa gloire restera à jamais immarcescible tant il aura laissé derrière lui tellement d’enregistrements (plus de cent vinyles et CD). Je suis en possession de pratiquement la majorité d’entre eux. Je reste de nos jours en relation avec le seul survivant du trio Ponti le violoniste Robert Zimansky , le violoncelliste Jan Polasek étant décédé lui aussi.
Il poursuit sa carrière toujours à la recherche d’œuvres rares ou oubliées (le dernier en date est une œuvre de Maria Herz.)

RÉPERTOIRE DES ŒUVRES INTERPRÉTÉES PAR MICHAEL PONTI
Michael Ponti, c’est plus de 2000 concerts (entre 1952 -2018) dont 820 récitals 1050 concerts avec orchestre sous la baguette des plus grands chefs (Sawallich, Solti, Kondrashin, Plasson etc) et 240 concerts de musique de chambre avec son trio….

D’ALBERT : concerto no2 op.12 pour piano et orchestre
ALKAN : concerto da camera no2 pour piano et orchestre- 8 études op.39-
AMEND : concerto pour piano et orchestre
BACH : Variations Goldberg
BADARZEWSKA : Virgin’s praier
BALAKIREV : concerto no2 pour piano et orchestre
BARTOK : concerto no2 pour piano et orchestre
BEETHOVEN: les 5 concerti pour piano: no1op.15- no2op.19- no3 op.37- no4 op.58-no5 op.73
intégrale des 32 sonates pour piano- rondo pour piano et orchestre – trios pour piano violon violoncelle no1 op.70- no2 op.70- op.97- no1 op.1
BERWALD : concerto no1 pour piano et orchestre
BLUME,FELD : étude pour la main gauche
BRAHMS : concerto no 1op.15 pour piano et orchestre- concerto no2 op.83 pour piano et orchestre
scherzo- danse hongroise no 6- variations Paganini op.35- variations sur un thème de Haendel-
sonate op.5 no3- trio pour piano violon violoncelle no1 op.8
BRONSART VON SCHELLENDORF : concerto pour piano et orchestre op.10
CHOPIN : concerto no1 op.11 pour piano et orchestre- concerto no2 op.22 pour piano et orchestre-
variations op2 « la ci darem la mano » pour piano et pour piano et orchestre- 4 ballades- andante spianato et grande polonaise pour piano et orchestre- sonate op.58- 12 études op.10 et 12 études op.25- fantaisie impromptu op 66- rondo pour 2 pianos- tarentelle- mazurkas- polonaise fantaisie op.61- 24 préludes op .28- scherzo op.31- sonate no2 op.35- allegro de concert op. 46- nocturne op.27no2 et op.15no2- allegro de concert op.46 pour piano et orchestre
CHOSTAKOVITCH : trio op.67 pour piano violon violoncelle
DOHNANYI : valse-schatz
DVORAK : trio no3 op.65 pour piano violon et violoncelle
FRANCK : concerto no2 pour piano et orchestre
GERSHWIN : concerto en fa pour piano et orchestre- rhapsodie in blue pour piano et orchestre- 3 préludes
GOETZ : concerto op.18 pour piano et orchestre
GRAINGER : paraphrase sur la « valse des fleurs »
GRIEG : concerto pour piano et orchestre
HAMILTON : sonate no2
HAYDN : sonate no48 op.58
HENSELT : concerto pour piano et orchestre op.16- 2 études op.2
HILLER : concerto pour piano et orchestre op.69
HINDEMITH : les 4 tempéraments pour piano et orchestre
KHATCHATURIAN : concerto pour piano et orchestre
KORNGOLD : quatuor pour la main gauche op.23
LIAPOUNOV : rhapsodie sur des thèmes ukréniens pour piano et orchestre- 3 études op.11-
LISZT : concerto no 1 pour piano et orchestre- concerto no 2 pour piano et orchestre- Totentanz
pour piano et orchestre- malédiction pour piano et orchestre- rhapsodie hongroise no 2 et no 6-
fantaisie hongroise pour piano et orchestre- 9ème rhapsodie hongroise en trio piano violon violoncelle- Hochzeit march de Mendelssohn- fantaisie et fugue sur B.A.C.H.-12 études d’exécution transcendantes- wedding march de Wagner- la campanella- paraphrase sur Rigoletto de Verdi- erlkonig de Schubert- spring night- widming de Schumann- on wings of songs de Mendelssohn- sérénade -ave maria- maiden’s wish de Schubert- liebestraum – reminiscence de don juan de Mozart- paraphrase de tannhauser de Wagner- sonate en si mineur- 6 études d’après Paganini- rhapsodie espagnole- paraphrase sur eugène Onegine de Tchaikovsky-
LITOLFF : concerto no3 pour piano et orchestre
MAC GINNIS : fantaisie pour piano et orchestre « thunderbird »
MEDTNER : concerto no 3 op.60 pour piano et orchestre- 2 sonates op.22 et op.39
MENDELSSOHN:concerto no 2 pour piano et orchestre- trio op.49 pour piano violon violoncelle
rondo cappriccioso op.14- élégie op.67 85 -romances sans paroles- cappriccio brillante op.22 pour piano et orchestre
MOSCHELÈS : concerto pour piano et orchestre- 4 études op.95
MOSONYI: concerto pour piano et orchestre
MOSZKOWSKI:concerto pour piano et orchestre op.59- paraphrase sur Carmen de Bizet- étincelles- barcarolle de Wagner-
MOUSSORGSKI : tableaux d’une exposition
MOZART : concerto no 20 k466 pour piano et orchestre – concerto no 22 K482 pour piano et orchestre- trios pour piano violon violoncelle K 502 et 542
PABST : paraphrase d’eugène Onégine de Tchaikovsky
PRINCE DE PRUSSE : trio op.10 pour piano violon violoncelle
PROKOFIEV : concerto no3 pour piano et orchestre- concerto no 4 pour la main gauche et orchestre- toccata-
RACHMANINOV : concerto no2 op.18 pour piano et orchestre- concerto no3 pour piano et orchestre- intégrale pour piano-
RAFF : concerto pour piano et orchestre op.185- ode to spring op.76 pour piano et orchestre
RAVEL : trio pour piano violon violoncelle- concerto pour la main gauche et orchestre- Gaspard de la nuit- jeux d’eau- Alborada del graciozo-
REINECKE : concerto no1 op.72 pour piano et orchestre-
RHEINBERGER : concerto pour piano et orchestre
RIMSKY-KORSAKOV : concerto pour piano et orchestre op.30
RUBINSTEIN A. : concerto no4 op.70 pour piano et orchestre-étude staccato- valse caprice-
SAINT-SAENS : 2 trios pour piano violon violoncelle- prélude et fugue-
SCARLATTI : 30 sonates
SCHARWENKA : concerto no2 op.56 pour piano et orchestre- scherzo op.4- novelette op.22no1-
polonaise op.42- erzahlung am klavier op.5no2-danse polonaise op.3 no1
SCHUBERT : notturno trio pour piano violon violoncelle op.148
SCHULZ-EVLER : paraphrase sur le beau Danube bleu de Strauss
SCHUMANN : concerto en la mineur op.54 pour piano et orchestre- introduction et allegro pour piano et orchestre op.92- novelette op.21 no2- presto- carnaval- scènes d’enfant op.15- toccata-
SCHUMANN-WIECK : concerto en la mineur pour piano et orchestre-étude
SCRIABINE : intégrale pour piano- concerto pour piano et orchestre op.20
STAVENHAGEN : concerto pour piano et orchestre op.4
STRAUSS J.- CZIFFRA : tritsch tratsch polka
STRAVINSKY : Petrouchka
TAUSIG : hungarian gipsy airs- fantaisie d’après Moniusko- valses caprice no 1 -2 – 2 études de concert op.1- ballade- ghost ship- hope op.3- variations sur des thèmes de Strauss- Halka fantaisie
paraphrase sur la marche des Walkyries de Wagner
TCHAIKOVSKY : concerto no1 pour piano et orchestre- concerto no2 pour piano et orchestre-
concerto no3 pour piano et orchestre- fantaisie de concert pour piano et orchestre- intégrale pour piano- trio op.50 pour piano violon violoncelle
THALBERG : concerto op.5 pour piano et orchestre- last rose of summer- fantaisie sur robert le diable et sur les huguenots-
THEISSEN : concerto pour la main gauche et orchestre-étude
WAGNER : W-LISZT : paraphrase sur Lohengrin- W-BRASSIN : paraphrase sur die Walkure-
W-MOSZKOWSKI: paraphrase sur Tristan et Isolde W-TAUSIG : paraphrase sur marche des walkiries
WEBER : variations op.7

N.B.: C’est volontairement que j’emploie quelques mots oubliés pour les faire revivre tant notre langue est belle...


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