LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES
- : peu intéressant
* : assez bon
** : bon
*** : excellent
**** : exceptionnel
Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :
Concerto (*/*/-/*)
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SGAMBATI Giovanni (1841-1914)
DUO PIANO VIOLON
Deux pièces pour piano et violon op 24
Andante cantabile (***)
ORCHESTRE
Cola di Rienzo Ouverture 1866
(***)
Cette très longue ouverture, sombre, pathétique, aux accents funèbres, se caractérise par un lyrisme très intériorisé. Elle se présente comme une succession de sections traversées de crescendos wagnériens, s'enflant insensiblement comme s'ils étaient mus par une force incoercible. Le style semble prendre ses racines à des sources contradictoires: Liszt, Wagner, Tchaïkovski, et s'épanouir vers un pré-impressionnisme préfigurant Debussy ou Sibelius. L'œuvre pourrait également être rapprochée de la Symphonie n°2 de Franck. Sgambati développe des motifs avec une lenteur très concentrée et selon une répétitivité calculée. La couleur orchestrale demeure limitée, même si le timbre particulier de chaque instrument se trouve particulièrement mis en valeur. On remarquera quelques soli de la clarinette émergeant d'une masse orchestrale dense aux nombreux plan superposés. Une œuvre qui séduit malgré son caractère grave et le refus de tout effet extériorisé.
Symphonie n°1 op 11 1880 (***/***/***/***/*)
Symphonie bizarre sur le plan formel que cette œuvre. Le maître semble avoir voulu briser le schéma traditionnel de la symphonie classique que l'époque, déjà, ne supportait plus. Bien que chaque mouvement puisse être jugé indépendamment, à mon sens, l'ouverture de cette symphonie par un mouvement qui n'est ni un scherzo, ni typiquement un premier mouvement de symphonie, laisse une impression curieuse, trop abrupte. L'ensemble des cinq mouvements, correspondant à une succession de tempi très divers, laisse dans l'expectative. Symphonie ratée, qui n'évacue pas un malaise latent, une impression d'inachevé, voire de chaos, cette œuvre n'en comporte pas moins à mon avis de magistraux mouvements d'une grande densité thématique. Un wagnérisme sans complexe s'y affirme, à peine orienté vers la tentative d'une expression préimpressionniste. La fin du 2e mouvement, avant la reprise du thème principal, communique un peu l'impression de s'enliser dans les marécages wagnériens. Sgambati affectionne les longues et lentes mélodies soutenues par une harmonie complexe, les crescendos massifs, parfois avortés. Quoique la palette instrumentale et son exploitation apparaissent très élaborés, le compositeur paraît toujours refuser de s'abandonner à certains effets plus extériorisés, à un certain éclat libérateur. Même dans les passages les plus lyriques, Sgambati exprime une tension sourde et une concentration grave. Le mouvement le plus accompli semble être le 2e par la succession parfaitement harmonieuse de ses thèmes pourtant thématiquement contrastés, par la lumière crépusculaire qui l'éclaire. le quatrième mouvement se caractérise par un rhapsodisme mal défini (slavo-ibérique), pourtant assez prégnant. La puissance thématique magistrale de son contenu efface à mon avis les inconvénients liées à la structure de cette symphonie, ce qui la hausse au niveau des grandes œuvres orchestrales.
Symphonie 2 E flat 1885
(***/***/***/**) 
Sgambati, certainement un des compositeurs de sa génération les plus étonnants, signe avec cette symphonie 2 une très belle œuvre, peut-être moins originale que l'Ouverture Cola di Rienzo ou la Symphonie 1. Plus classique, surtout pour ses 3 derniers mouvements, que la symphonie précédente, elle renoue avec un style moins wagnérien, plus traditionnellement mélodique. En revanche, le 1er mouvement, par son statisme, son déploiement orchestral d'une couleur très sombre, grave et somptueuse, relève pleinement de l'esthétique "wagnérienne". On en admirera la pathétisme, la puissance, notamment par l'affirmation du thème principal. En revanche, le dernier mouvement apparaît, me semble-t-il, plus anecdotique.
PIANO
Nocturne op 20 n°1 B mineur (-)
Nocturne op 20 n°2 G majeur (*)
Nocturne op 31 (**)
Nocturne op 33 (-)
QUINTETTE
Quintette n°1 avec piano F mineur op 4 1966 (**/***/-/**)
Cette œuvre à mon avis puissante, riche, expressive, présente une nette conformation aux caractéristiques historiques du genre de la musique de chambre: l'intimisme, la recherche d'une émotion intense, mais contenue. Le piano, le violon, n'outrepassent jamais la virtuosité limitée qu'ils adoptent généralement dans ce genre. On observera une grande diversité des effets, contrastes thématiques de cellules rythmiques, de motifs mélodiques fugitifs du violon, notamment dans le 1er et le 4e mouvement). Les basses expriment un grand pathétisme, notamment dans la seconde partie du dernier mouvement. On remarquera également comme dans le Quintette n°2 parfois une tendance à l'écriture contrapuntique, qui n'apparaît pas toujours à mon avis convaincante. Il faut également déplorer des hésitations et répétitions systématiques comme dans la première partie du dernier mouvement. D'une manière générale, cette œuvre présente une utilisation moins poussée des différents registres instrumentaux que le second quintette. Le second mouvement (Vivacissimo) paraît s'imposer. Entre deux sections (introductive et conclusive) d'un thème rythmique marcato s'épanouit une partie centrale lente dont le motif, d'un remarquable mélodisme récitatif, se distingue autant par sa simplicité que par son originalité. Dans ce mouvement apparaissent de nombreuses affinités avec les trios de Saint-saëns, dont le premier a été écrit l'année suivante, ce qui confirme certaines similarités d'écriture entre les concertos des deux maîtres sur le plan symphonique.
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