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LETTRE-MÉLOMANE 2017-07


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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BORODINE Alexandre (1833-1887)
QUATUOR
Quatuor 1 A major (1874)  icone   (*/-/*/*)  icone
Très décevant quatuor, même en comparaison du Quatuor 2 où la veine mélodique me semblait supérieure. Cette œuvre, relativement monocorde, n'exploite pas à mon sens les possibilités du quatuor, tant rythmiquement que mélodiquement ou encore dans l'utilisation des registres instrumentaux. De nombreux passages évoquent une écriture contrapuntique étriquée. C'est encore le premier mouvement qui paraît le plus varié, notamment avec un thème en rosalie de l'aigu au grave. Malgré un thème principal plus relevé, le dernier mouvement, à mon avis, n'échappe pas à la monotonie de l'ensemble..
HUANG An-Lun (1949-)
PIANO ORCHESTRE
Concerto 2 (1999)  icone   (*/-/*)  icone
Nourri à la sève des grandes compositions occidentales de la musique classique, notamment de l'époque romantique, ce concerto en fournit, me semble-t-il, une illustration aseptisée, froide, sans influx, sans inspiration. Cette démonstration compositionnelle - de ce point de vue pas si mal réussie - se trouve très éloignée des exploitations si lyrismes et fougueuses des concertos collectifs chinois: Concerto La Rivière jaune (de Xian Sing-haï) et surtout du Concerto Typhon (Liu Shi-kun). Sur le plan pianistique, Huang a développé quelques passages de haute virtuosité et l'on y trouve même ce qui pourrait être des cadences en fin de 1er et 3ème mouvement. Rien cependant qui puisse, à mon avis, émouvoir un mélomane. Difficile de juger un tel concerto si bien lissé, tant pour la partie orchestrale que pianistique. L'on ne peut même pas reprocher à Huang de n'avoir pas utilisé la veine rhapsodique. Son concerto possède bien une réelle couleur chinoise, mais si dépourvue de toute chaleur!
PEIKO Nikolaï (1916-1995)
PIANO ORCHESTRE
Concerto (1943)  icone   (**/-/**)  icone
C'est sans doute un concerto d'intérêt très variable que signe ici Nicolaï Ivanovitch Peiko. Manifestement, l'œuvre se situe dans la lignée des œuvres expressionnistes russes: Kabalevski, Katchaturian, Taktakichvili, Galynine, Novak, Constantinescu, Popov, Christoff, Rachmaninov...(précisons qu'ils ne sont pas tous russes, mais dans la mouvance), cependant à mon avis avec une réussite relative, tout au moins sporadique. Le 2ème mouvement, par exemple, exprime une belle atmosphère expressionniste, mais sur une thématique qui me semble largement déficiente. Sur le plan symphonique, l'on sent percer parfois les effets magiques et mystérieux que le compositeur a si magnifiquement affirmés dans sa symphonie 7, mais on en est tout de même loin. Et Peiko n'évite pas certaines cacophonies propres au style moderniste. La dernière partie du 1er mouvement représente cependant une belle réussite, tant sur le plan de l'écriture pianistique que symphonique. En revanche, l'entrée du piano au début de ce mouvement me paraît complètement ratée. Au final, un bon, voire très bon concerto à mon avis, mais très inégal. une œuvre qui mériterait sans doute d'être retravaillée en profondeur pour en exprimer les potentialités.



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À bientôt
Claude Fernandez


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