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LETTRE-MÉLOMANE 2018-08


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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GJERSTROM Gunnar (1891-1951)
PIANO ORCHESTRE
Concerto 1 (1930)  icone   (*/-/**)  icone
Cette œuvre présente typiquement les caractéristiques de la musique nordique, notamment pour l'orchestration, par l'utilisation des bois "à nu" sans le concours des cordes en de nombreux passages. Le rhapsodisme nordique est également très présent. Le pianisme, parfois brillant - notamment le début du 1er mouvement et la fin du 3e mouvement - se perd souvent en digressions à mon avis de faible intérêt. Un excellent thème principal - rhapsodique - et très mélodique se trouve exposée au début du 1er mouvement et à la fin de ce mouvement, malheureusement il est sans doute la seule partie saillante de ce mouvement. Il faut ajouter à cela, malgré le style très classique, des dysharmonies parasitaires très dommageables, même si elles demeurent peu prononcées. L'œuvre est cependant sauvée par le dernier mouvement qui développe un excellent thème avec brio, quoique toujours dans un certain manque de clarté sur le plan harmonique.
MARINUZZI Gino (1882-1945)
ORCHESTRE
Symphonie A major (1943)  icone   (*/-/-)  icone
Le début du 1er mouvement semble révéler un compositeur capable de subtilités symphoniques et dont le talent d'orchestrateur ne peut être mis en doute. Malheureusement, la situation se gâte assez vite et l'on retombe dans un ensemble dissonant très cuivré, quoique toujours tonal. La fin du mouvement, dans un tempo lent, restaure quelque peu l'harmonie et l'intérêt. Il ne manquait pourtant pas d'un thème principal conducteur pour cette symphonie, thème repris en finale, qui aurait pu offrir des ouvertures et des opportunités. Le 2e mouvement, lent, et le 3e mouvement obéissent à la même évolution que le premier: un début très prometteur rapidement suivi d'une détérioration regrettable vers la cacophonie. Un constat sans doute sévère, mais il me paraît difficile de sauver quoi que ce soit sur l'ensemble.
MIRECKI Franciszek (1791-1862)
ORCHESTRE
Symphonie C minor (1859)  icone   (*/*/-/-)  icone
Franciscek Mirecki appartient vraiment à la vieille école symphonique, celle qui n'a pas évolué depuis Dittersdorf et Beethoven. Pis que cela, il est bien en-deça de ces 2 compositeurs - et de bien d'autres - sur le plan strictement du traitement orchestral. À sa décharge, il n'est pas le seul et l'on pourrait en citer toute une pléiade. Orchestration lourde, embarrassée, utilisant les cuivres dans le sens désastreux d'épaissir le tissu symphonique. Le plan thématique est à l'unisson par l'accumulation de formules sans surprise, éculées, sans les archaïsmes parfois délicieux du style viennois. Le 2e mouvement, lent, est peut-être celui qui paraît le plus audible, en revanche ce style apparaît vraiment insupportable (à mon goût) dans le scherzo qui suit.
RUBENS Hugo (1905-1871)
ORGUE ORCHESTRE
Carnegie Hall Concerto (1959)  icone   (**)  icone
Cette œuvre très courte se présente comme un pastiche du grand concerto romantique virtuose. La partie pianistique peut en effet par les gammes qu'elle déploie sur tout le clavier prétendre égaler le brio des meilleures œuvres du genre. En revanche, la partie orchestrale, à mon avis plutôt clinquante, peu personnalisée et inutilement dissonante; me paraît très en-deçà.
WOLF Hanns (1894-1968)
PIANO ORCHESTRE
Concerto (1929)  icone   (**/***/***)  icone
Hanns Wolf possède un sens aigu de la virtuosité, qu'il associe à une prédilection pour la tessiture extrême aiguë, caractéristiques réunies depuis l'avènement du genre concertant. Il y adjoint aussi parfois un pseudo-rhapsodisme mal défini, néanmoins bienvenu. On admirera particulièrement la cadence terminale du soliste dans le 1er mouvement. Cela dit, de multiples défauts m'apparaissent. Œuvre relativement néo-classique pour l'époque, elle trahit cependant au niveau symphonique certaines touches modernes, parfois pertinentes, mais à mon avis pas toujours. Les harmonies ne sont jamais vraiment "propres" et introduisent des disharmonies parasites. L'on y décèle également des lourdeurs. La partie symphonique finale du 3ème mouvement apparaît significative à cet égard. La thématique n'est pas toujours à mon sens très aboutie. C'est de justesse que j'accorde l'excellence aux 2ème et 3ème mouvement.



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À bientôt
Claude Fernandez


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