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LETTRE-MÉLOMANE 2017-09


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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ERRARE La précédente lettre d'un mélomane mentionnait le "Groupe des Sept". Il s'agit évidemment d'une coquille, il fallait comprendre "Groupe des Six" représenté par Milhaud, Poulenc, Tailleferre... Cette erreur, finalement, fut bénéfique à ma réflexion car elle m'a conduit à m'interroger sur l'influence de ce groupe en Europe de l'Est. De là, j'ai commencé la rédaction d'un article plus vaste concernant la musique dans les anciens pays socialistes en Europe. Vous pourrez certainement le lire le mois prochain.

BIZET Georges (1838-1875)
ORCHESTRE
L'Arlésienne Suite 1-2 (1872)  icone   (***/**/*/***/**/***/*/***)  icone
Avec l'Arlésienne, Bizet affirme une esthétique, qui est antithèse du wagnérisme alors triomphant. Il excelle dans le mélodisme pur, la netteté des rythmes et des timbres, la limpidité de l'harmonie, la vivacité... en opposition au flou et à la lenteur d'un symphonisme à l'harmonie surchargée. C'est ainsi qu'il sera salué par Nietzsche comme l'antidote à la décadence wagnérienne comme Rossini avait représenté la perfection musicale pour Schopenhauer. Les 2 compositeurs apparaissent effectivement proches par leur style, quoique Bizet, pourtant très lyrique, n'atteigne sans doute pas ce surpassement de l'intensité lyrique qui caractérise le créateur de Guillaume Tell par la mobilisation de tous les registres instrumentaux. En outre, Bizet privilégie les contrastes piano forte comme à l'époque baroque alors que Rossini développe de grands crescendos très progressifs. Tous les deux se fourvoient sans doute lorsqu'ils essaient de quitter leur pur classicisme pour tenter une évasion vers un style plus moderne, moins strictement mélodique. On a dit aussi que si Rossini n'était jamais ennuyeux, il n'était jamais sublime. On pourrait le dire aussi de Bizet quoiqu'on pourrait infirmer (parfois) cette assertion assassine pour l'un comme pour l'autre... De l'Arlésienne, il faut naturellement retenir le célébrissime thème principal du 1er mouvement de la 1ère suite (Prélude), repris dans le dernier mouvement de la 2ème suite (Farandole). D'autres mouvements très réussis témoignent de la verve mélodique de Bizet tels que le 1er mouvement de la Suite 2 (Pastorale) et surtout le 3ème mouvement de la Suite 2 (Menuet) où la flûte s'affirme magnifiquement. En revanche, on peut déplorer des mouvements de faible ou très faible intérêt à ce qu'il me semble, souvent dans un tempo lent, comme le 3ème mouvement de la Suite 1 (Adagietto). Pour terminer, il faut signaler l'intention rhapsodique évidente, mais le rhapsodisme provençal offre tellement peu d'éléments spécifiques, par rapport à la puissance du rhapsodisme que le compositeur affirmera quelques années plus tard avec Carmen.
MAYER Emilie (1812-1883)
PIANO ORCHESTRE
symphonie 7 F minor  (1856)  icone   (*/*/-/-)  icone
Sans doute la mention "Assez bon" est-elle un peu sévère à l'égard des 1er et 2ème mouvement de cette symphonie d'Emilie Mayer, laquelle cependant n'atteint pas à mon avis l'intérêt de la symphonie 4, ni de la Faust Ouverture. Même sentiment de puissance et de grandeur néanmoins dans le 1er mouvement, selon un style musical que l'on pourrait qualifier de beethovénien, mais sans aucune recherche de colorisme. Le 2ème mouvement manifeste une touche de style wagnérien à l'occasion de la partie centrale en nuance forte. Passage très bienvenu qui ne parvient pas cependant, me semble-t-il, à hausser l'intérêt de ce mouvement lent. Le scherzo qui suit ainsi que le Finale me semblent malheureusement assez vide de contenu, parfois bruyant et surtout l'on n'y retrouve nullement l'atmosphère dramatique des 2 premiers mouvements.
PEJACEVIC Dora (1885-1923)
PIANO ORCHESTRE
Phantasie concertante op 48 (1919)  icone   (-)  icone
Une partie soliste surchargés d'accords à mon avis peu harmonieux, lourds, une partie symhonique touffue. Cette œuvre ne me paraît guère contenir de substance thématique.
Concerto (1913)  icone   (-/-/*)  icone
Ce concerto présente un ensemble compact trahissant à mon avis une très grande pauvreté thématique. Pesanteur, absence de clarté, confusion, caractérisent son style. Néanmoins, le dernier mouvement présente un thème principal qui relève quelque peu l'œuvre, me semble-t-il, pour lui communiquer un minimum d'attractivité.



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À bientôt
Claude Fernandez


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