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LETTRE-MÉLOMANE 2018-11


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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BÜTTNER Paul (1870-1943)
ORCHESTRE
Symphonie 1 in F major (1898)  icone   (*/**/***)  icone
Paul Büttner possède un sens aigu de la congruence symphonique. Il manie admirablement les registres instrumentaux sans toutefois manifester une originalité spécifique. À cela il associe une expression de la puissance très prononcée, ce qui apparaît particulièrement dans le dernier mouvement de cette symphonie. Malheureusement, le 1er mouvement, très long, manifeste une grande dispersion thématique. Aucun thème ni motif ne s'affirme. Cet inconvénient disparaît dans les mouvements suivants, thématiquement plus consistants. On remarquera dans le 3ème mouvement, en prélude à la partie finale une intervention de la harpe suivie, d'une motif d'une grande fluidité jusqu'à la fin de la coda.
HARRIS Roy (1898-1979)
PIANO ORCHESTRE
Concerto 1 Jamboree (1944)  icone   (-)  icone
Très cacophonique, inaudible, ultradynamique, hors quelques passages plus lents.
KALOMIRIS Manolis (1883-1962)
PIANO ORCHESTRE
Concerto symphonique (1934)  icone   (*/*)  icone
Kalomiris ne renouvelle pas sa belle performance de sa Symphonie 1 écrite une quinzaine d'années plus tôt. La présente œuvre, qui n'est pas dépourvue de thème d'un appréciable intérêt se trouve à mon avis gâchée par une surabondance de dysharmonies gratuites. Quand les compositeurs modernes vont-ils rompre avec cet infantilisme de croire qu'on est un génie parce qu'on adopte une écriture cacophonique? On retiendra néanmoins le thèmes principal du 1er mouvement au trombone, très lyrique, une instrumentation parfois subtile, notamment l'utilisation judicieuse du tambourin. On appréciera également de nombreux passages solo confiés en particulier au hautbois ainsi que quelques épisodes du soliste. En revanche, on fuira la partie finale qui termine l'œuvre par une surenchère de discordances insupportables.
SARASATE Pablo de (1844-1908)
DUO VIOLON PIANO
Caprice basque  icone   (***)  icone
Rien à redire sur cet excellent Caprice basque, même si l'on atteint pas les sommets des Zigenenweisen, du même compositeur.La partie principale du caprice est précédée d'une introduction staccato très bienvenue. On remarquera une excellente partie mêlant pizzicati et staccato à l'archet. Sarasate est peut-être, après Lipinski, le compositeur-violoniste qui a le plus hérité de Paganini. Son style très coulé évite les effets trop brusques.
SIBELIUS Jean (1865-1957)
ORCHESTRE
Belshazzar's Feast suite (1906)  icone   (***/*/****/***)  icone
Cette œuvre, relativement précoce (antérieure à la symphonie 1, révèle un compositeur s'appuyant essentiellement sur une trame thématique classico-romantique. néanmoins, l'incursion vers une originalité très spécifique se révèle dans la 3ème partie Nocturne. il est vain, me semble-t-il, à propos de Sibelius, de discerner une évolution générale de son style vers un modernisme plus ou moins accusé en fonction de sa carrière, mais plutôt un compositeur plus ou moins touché par la grâce de l'inspiration (et il le fut sans doute jamais autant que dans sa symphonie 1). La Fête de Balthasar, traitée de manière très rhapsodique, s'inscrit dans la ligne des nombreuses œuvres orientalisantes de Rimski-Korsakov, notamment, tradition qui se poursuivit en particulier avec le fameux Marché persan de Ketelbey (on y retrouve une partie proche de la Procession dans la Fête de Balthasar). L'on y discerne également des effets rappelant Debussy (dans le Nocturne), quoiqu'il est nécessaire de toujours rester prudent sur ce genre de référence, probablement génériques. Si la 2ème parti, Solitude m'apparaît décevante, en revanche Nocturne atteint le sublime, en particulier par une utilisation des registres instrumentaux: bois (dont la clarinette basse) sur fond de cordes subtilement divisées dans l'extrême-aigu.
WIENIAWSKI Henryk (1835-1880)
VIOLON PIANO
Variations sur un thème original op 15  icone   (****)  icone
L'on ne sait ce qu'il faut admirer le plus dans ces Variations, fusion suprêmes de la virtuosité et de la sensibilité musicale: le premier thème rapide, peut-être plus encore le second thème lent et aussi cette finale extraordinaire, piano et violon mêlés. Ce n'est finalement pas dans ses concertos que Wieniawski put atteindre le sommet de son art et de son inspiration. Une inspiration qui s'éloigne, finalement, assez bien, de la thématique paganinienne de laquelle peu de grands compositeurs-violonistes se sont affranchis.



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À bientôt
Claude Fernandez


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