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LETTRE-MÉLOMANE 2018-09


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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CARILLO Julian (1875-1965)
ORCHESTRE
Symphonie 1 D major (1901)  icone   (-/-/*/**)  icone
J'avoue avoir rarement entendu de la musique aussi soporifique que les 2 premiers mouvements de cette symphonie. Orchestration d'une rare homogénéité, massive, voire poussive, que rien de saillant ne vient rehausser. Cordes et bois dominent largement et les cuivres interviennent en sourdine. Style très mélodique, peu rythmique, plutôt figé. Parfois, pourrait-on dire, du pseudo-wagnérisme (très, très léger) ou plutôt un style qui rejoindrait Fauré. Parfois de vagues crescendos qui n'atteignent pas une intensité lyrique phénoménale. Néanmoins, l'on aurait tort de déprécier à ce point Julian Carillo car les 2 derniers mouvements, et surtout le dernier, recèlent un thème principal à mon avis d'un intérêt certain. Au final, cette symphonie, pour l'époque, se caractérise par un néo-classicisme très fortement marqué. Elle aurait pu être écrite largement un demi-siècle avant.
CUI César (1835-1918)
VIOLON ORCHESTRE
Suite 4 op 40 À Argenteau (1887)  icone   (**/**/**/-/***)  icone
Il est sans doute difficile de juger cette Suite de César Cui. Une audition superficielle pourrait sans doute conclure à une œuvre compassée, ennuyeuse, dépourvue du moindre effet original, d'un thématisme banal presqu'offensant. Même les cuivres perdent tout leur éclat dans cette atonie généralisée. Ces mêmes caractéristiques pourraient permettre d'y découvrir une œuvre attachante à force d'effacement volontaire. N'est-ce pas une œuvre pure, cultivant la consonance parfaite, la lenteur mélodique, en adéquation avec son argument bucolique. Tout y semble millimétré, tiré au cordeau, pour éviter le moindre éclat intempestif. Une sorte de wagnérisme latent qui adopterait les sonorités d'un Bizet. On retiendra notamment la partie 2 Sérénade empreinte d'un léger rhapsodisme indéterminé, la partie 5 Rocher qui concède - mais si timidement - à quelque contraste plus marqué. La Suite à Argenteau de César Cui, finalement, une œuvre presque sophrologique qu'on pourrait conseiller comme pénitence aux excités de la sphère médiatico-politico-musicale, une œuvre dont aurait pu profitablement s'inspirer un compatriote de ce compositeur, un certain Chostakovitch.
GOLUBEV Evgueni (1910-1988)
VIOLON ORCHESTRE
Concerto op 56  icone   (-)  icone
Ce concerto - apparemment sans mouvements séparés - évolue dans le pseudo-tonal mélodique du début à la fin. Hors un court passage plus volubile et (presque) virtuose dans la partie terminale, il est difficile de trouver à mon avis la moindre élaboration dans ce continuum inconsistant, tant de la part du soliste que de l'orchestre, sans la moindre aspérité. Je ne crois pas trop exagérer en affirmant que ce concerto se caractérise par un vide sidéral sur le plan thématique. Et l'adjonction de pizzicati, et parfois de double cordes, ne parvient pas à communiquer, me semble-t-il, le moindre intérêt à cette partition.
SGAMBATI Giovanni (1841-1914)
ORCHESTRE
Symphonie 2 E flat (1885)  icone   (***/***/***/**)  icone
Sgambati, certainement un des compositeurs de sa génération les plus étonnants, signe avec cette symphonie 2 une très belle œuvre, peut-être moins originale que l'Ouverture Cola di Rienzo ou la Symphonie 1. Plus classique, surtout pour ses 3 derniers mouvements, que la symphonie précédente, elle renoue avec un style moins wagnérien, plus traditionnellement mélodique. En revanche, le 1er mouvement, par son statisme, son déploiement orchestral d'une couleur très sombre, grave et somptueuse, relève pleinement de l'esthétique "wagnérienne". On en admirera la pathétisme, la puissance, notamment par l'affirmation du thème principal. En revanche, le dernier mouvement apparaît, me semble-t-il, plus anecdotique.



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À bientôt
Claude Fernandez


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