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LETTRE-MÉLOMANE 2017-05


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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Afin de présenter pour les mélomanes inscrits à cette lettre au moins une œuvre de compositeur connu, j'ai dressé une liste de 61 compositeurs plus ou moins célèbres. Un nombre assez limité, et encore il faut être déjà un peu mélomane pour connaître ne serait-ce que leur nom, sans parler de leur musique. Cela montre la restriction considérable de la musique opérée par le phénomène de la personnalisation. Chaque mois, je puiserai donc un nom parmi cette liste. Le hasard voulut, ce mois-ci, que ce fût Rimski-Korsakov qui échût, le compositeur magique qui a enchanté mon adolescence. Et c'est le poème musical Antar que j'ai trouvé au hasard - parmi les œuvres qui ne figuraient pas dans critique-musicale. Or, j'avais bien évité soigneusement d'établir une critique d'Antar alors que je me suis épanché généreusement sur les grandes œuvres du maître: Schéhérazade, Skasska, le Concerto pour piano... Pour quelle raison? Réponse plus bas dans cette lettre-mélomane.

GIANNINI Vittorio (1903-1966)
PIANO ORCHESTRE
Concerto (1934)  icone   (****/**/****)  icone
Une très grande œuvre, puissamment lyrique et virtuose, dont l'éthique s'appuie sur le romantisme tardif, notamment en partie, de Tchaïkovski, dont l'influence apparaît en filigrane. On remarquera le thème d'introduction du 1er mouvement, fortement scandé, qui pourrait rappeler celui du Concerto 2 de Tchaïkovski ainsi que maints passages pianistiques traités avec pugnacité. Giannini s'épanche également en gammes et arpèges, créant un "brouillard lyrique" évoquant parfois Rachmaninov. Il faut ajouter des passages symphoniques traités d'une manière très puissante en utilisant de nombreux registres instrumentaux, et en particulier la finale du dernier mouvement. Cette finale est par ailleurs développée sur un thème rhapsodique, servant de leitmotiv aux 3 mouvements. On peut déplorer quelques insuffisances: le 1er mouvement contient une ébauche de cadence solistique un peu statique qui n'est pas à la hauteur de l'ensemble. Le dernier mouvement, notamment dans son introduction, tente volontairement, mais à mon avis négativement, des dysharmonies entre la trompette et le reste de l'orchestre. Néanmoins, ces imperfections restent sporadiques.
RAJICIC Stanojlo (1910-)
PIANO ORCHESTRE
Concerto 3  icone   (-/-/-)  icone
Œuvre moderniste perpétuellement cacophonique dans un tempo ultra-rapide. La partie symphonique présente quelques velléités de mélodisme, mais sur des motifs à mon avis bien pauvres. Le second mouvement, lent, ne parvient pas à briser la dissonance chronique de l'ensemble.
RIMSKI-KORSAKOV Nicolaï (1848-1908)
ORCHESTRE
Antar Symphony 2 (1868)  icone   (**/*/*/**)  icone
J'ai longtemps hésité avant d'indiquer Antar parmi les œuvres évaluées de Rimski_Korsakov. Pour cause, on est vraiment très loin des chefs-d'œuvre composés par cet incomparable symphoniste. Antar, un pâle reflet de Shéhérazade. Le seul intérêt du mélomane est à mon avis dans cette œuvre d'y retrouver en pointillé ce chef-d'œuvre absolu, s'il en est. Certes, un très bon thème principal, très rhapsodique parcourt le poème symphonique du début à la fin, mais l'ensemble reste pour moi de la rhétorique musicale fade. Il y manque l'influx, cette influence inexplicable qu'apporte l'inspiration à une œuvre musicale. Antar, tant de fois révisé (défiguré?) par le compositeur, est peut-être une œuvre trop millimétrée, trop épurée, dont on pourrait dire paradoxalement qu'elle est trop parfaite.
STOYANOV Vesselin (1902-1969)
PIANO ORCHESTRE
Concerto 2 (1953)  icone   (*/-/*)  icone
Je ne voudrais pas assassiner Stoyanov, mais son Concerto n°2 me paraît receler une matière musicale assez mince, quoiqu'il s'inscrive dans un classicisme évitant toute influence moderniste - positive ou négative... mais peut-être en raison de cela. Un concerto purement néo-classique tant par l'orchestration que par le pianisme. On notera quelques passages virtuoses - assez bienvenus sans doute - mais très sporadiques. Style très mélodique exploitant la veine rhapsodique épisodiquement (surtout par le thème principal du 1er mouvement). Stoyanov apparaît dans cette œuvre, me semble-t-il, comme un bon élève appliqué qui ne recherche pas la moindre originalité.



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À bientôt
Claude Fernandez


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