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LETTRE-MÉLOMANE 2018-02


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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ABEILLE Ludwig (1761-1838)
PIANO ORCHESTRE
Concerto D major op 6 (PIANO 4 MAINS) (1793)  icone   (**/*/-)  icone
De tendance "beethovénienne", ce concerto semble tenir sa place dans l'évolution du genre. L'orchestration, sans se départir du modèle viennois, l'exploite d'une manière très congruente. Il en est de même pour la partie pianistique, dynamique, brillante - quoique forcément de virtuosité restreinte. Cette œuvre est l'exemple -dans son premier mouvement - de l'influence que peut exercer une inspiration lyrique, permettant de transcender des formules thématiques limitées par le style de l'époque. Ludwig Abeille atteint, me semble-t-il, l'excellence, notamment dans la seconde partie de ce mouvement, en multipliant les modulations. Il tire un très bon parti du piano à 4 mains qu'il gère sans lourdeur ni dysharmonies. Malheureusement, le dernier mouvement ne montre pas les mêmes qualités, tant à l'orchestre qu'au soliste, notamment en raison d'un thème principal à mon avis très médiocre. En définitive, l'on aurait tort de déconsidérer ce concerto en raison de son appréciation générale. Un examen de l'évaluation continue s'avère ici significatif.
FRICKER Racine Peter (1920-1990)
VIOLON ORCHESTRE
Concerto 2 Rapsodia concertante (1953)  icone   (-)  icone
Cette œuvre moderniste n'en présente cependant les excès les plus radicaux, tant pour le cacophonisme symphonique que pour la tonalité, relativement respectée. Utilisant uniquement les percussions, mais avec parcimonie, Fricker obtient même parfois des effets d'une belle sobriété. La partie violonistique évite généralement les dysharmonies majeures, dont les doubles cordes stridentes, et parfois s'épanche en quelques passages cadentiels de virtuosté plutôt bienvenus. Malgré ces velléités, l'ensemble se perd dans un tissu athématique insipide.
VITOLS Jazeps (1863-1948)
ORCHESTRE
symphonie E minor (1887)  icone   (-/*/-/-)  icone
L'on ne peut reprocher au compositeur une insuffisance dans le traitement orchestral de cette œuvre: registres instrumentaux très variés intervenant idoinement, contrastes. En revanche, ce déploiement symphonique ne s'appuie, me semble-t-il, que sur une thématique très pauvre. Ainsi en est-il notamment du premier mouvement où un même motif très limité se trouve inlassablement répété. Le scherzo (2e mouvement) est peut-être la seule partie qui présente un thème vraiment digne d'intérêt. On pourrait y ajouter le thème final du dernier mouvement, traité malheureusement de manière un peu bruyante à mon goût, comme tout le mouvement.
WU WAI
VIOLON ORCHESTRE
Double Ehru Cantonese Music Medley (2 VIOLONS CHINOIS)  icone   (*)  icone
Sans comparaison avec le fameux Concerto Les papillons amoureux, cette œuvre n'en présente pas moins certaines qualités. Un orchestre et des solistes très volubiles, des couleurs et des rythmes aguichants. Thèmes très mélodiques, mais un peu limités.
XIA Guan (1957-)
ORCHESTRE
Symphonie 2 Espoir (1999)  icone   (-/*/***)  icone
Si Xia Guan a sans doute échoué à réaliser sur l'ensemble de sa symphonie Espoir la grande œuvre humaniste et pathétique (comparablement à la 5 de Beethoven), il montre qu'il est digne de cette ambition à l'occasion du dernier mouvement. Xia Guan manie très bien l'orchestration classico-romantique qu'il pousse ici à son maximum d'extériorisation sonore, en évitant, malgré la surenchère instrumentale, le cacophonisme dans lequel sombrent de nombreuses symphonies modernes ou pseudo-modernes. On est cependant loin d'une belle sonorité homogène excluant les excroissances instrumentales parasitaires. C'est à mon avis l'absence de thématique solide qui condamne le très long 1er mouvement. Le 2éme mouvement lent me paraît de meilleure teneur, mais c'est surtout dans le dernier mouvement que le compositeur, utilisant à propos le mélodisme chinois, atteint un pathétisme, une grandeur et un lyrisme certains.



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À bientôt
Claude Fernandez


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