SOMMAIRE


LETTRE-MÉLOMANE 2018-07


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

icone Écouter
icone Voir une évaluation continue




DOPPER Cornelis (1870-1939)
ORCHESTRE
Symphonie 1 Diana (1896)  icone   (***/***/***/****)  icone
Cette remarquable symphonie de Cornelis Dopper pourrait être considérée comme une symphonie post-wagnérienne qui aurait intégré dans une synthèse heureuse les effets issus de l'orchestration berliozienne. Toutefois, ces références, comme je le rappelle souvent, sont en grande partie des commodités de langage. Il est intéressant de constater que ce post-wagnérisme concerne non seulement les effets de pure instrumentation, mais aussi - et surtout - le style thématique, sans qu'à aucun moment l'on ne puisse considérer qu'il y ait un quelconque plagiat. Les meilleures œuvres "wagnériennes" ont peut-être été écrites par des post-wagnériens, comme Sgambati dans sa Symphonie 1. Dopper a très bien exploité le contraste entre les effets cuivrés - très adoucis sans leur enlever leur puissance - et d'autre part la harpe. L'ensemble baigne dans une atmosphère mystérieuse évoquant les anciennes légendes mythologiques. L'on est aussi parfois proche de Sibelius. Comme effet "berliozien", on retiendra les envolées chromatiques de cordes divisées. C'est sans doute dans le dernier mouvement que Dopper atteint le sommet de son art symphonique, quoique ce mouvement soit curieusement peu détaché du 3ème.
Ciaconna gotica (1920)  icone   (*)  icone
Cette œuvre présente à mon avis l'intérêt limité d'une démonstration symphonique. Faute d'être soutenue par des thèmes inspirés, à ce qu'il me semble, elle ne remplit justement pas son rôle. L'orchestration me paraît largement en retrait par rapport à celle de la Symphonie 1 (écrite beaucoup plus tôt), malgré la recherche de contrastes instrumentaux et la diversité des registres. Plus grossière parfois, moins raffinée, elle s'appuie sur des motifs très sporadiques sans unité profonde.
KHATCHATURIAN Aram (1903-1978)
ORCHESTRE
Symphonie 2 Symphonie des cloches (1944)  icone   (*/*/-/*)  icone
J'avoue que le cacophonisme (instrumental et tonal) de Khatchaturian dans cette symphonie m'écorche les tympans irrémédiablement malgré la structure très mélodique des thèmes et parfois leur intérêt propre. Musique désagréable à mon goût, reflet de la dérive historique caractérisant l'époque dans le sillage du Groupe des Six, mais un style ici caricaturé. Alors que cette sursaturation sonore pouvait s'interpréter comme une rudesse positive dans le ballet Spartaccus, elle m'apparaît ici gratuite et négative. Même le recours à la clarinette basse, si pathétique dans le mouvement lent du Concerto pour piano, apparaît ici fade et empruntée. Néanmoins, grâce à une utilisation judicieuse du rhapsodisme, notamment dans le 2ème mouvement en forme de danse cosaque assez proche de la Danse du sabre, Khatchaturain parvient à éviter le néant musical qui aurait pu résulter d'une telle empreinte stylistique. Quel gâchis, alors que le contenu thématique aurait été largement suffisant pour permettre à Khatchaturian d'écrire une excelelnte œuvre!
MAJERSKI Tadeusz (1888-1963)
PIANO ORCHESTRE
Concerto-Poème (1946)  icone   (-)  icone
Œuvre qui apparaît très dispersée et disparate sur le plan thématique. L'on ne discerne guère de motif qui puisse retenir l'attention dans ce perpétuel passage d'un fragment à un autre. Sans manifester de véritable virtuosité, le soliste reste volubile, animé. L'orchestre, de même revêt un certain éclat, quoique sans originalité particulière, me semble-t-il. Tonal dans l'ensemble, la finale recèle cependant une tendance à des disharmonies plus prononcées.



http://www.critique-musicale.com

À bientôt
Claude Fernandez


SOMMAIRE