SOMMAIRE


LETTRE-MÉLOMANE 2017-10


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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Comme indiqué dans la précédente lettre, je me suis essayé à une analyse critique de la musique dans les anciens pays de l'Est, selon une formule quelque peu erronée. Et les œuvres de ce mois leur sont consacré. Lien: MUSIQUE SOVIÉTIQUE

BACEWICZ Grazyna (1909-1969)
PIANO ORCHESTRE
Concerto (1949)  icone   (-/-/*)  icone
CHOSTAKOVITCH Dimitri (1906-1975)
QUATUOR
Quatuor 8 op 110 (1960)  icone   (-/-/**/-/-)  icone
Cette œuvre apparaît visiblement écrite dans un affect funèbre. Ainsi en est-il des parties 1,4, 5 dans un tempo très lent. Parties presque figées où la musique semble s'évanouir dans le silence. Néanmoins, le 4 est ponctué par des coups d'archets incisifs. Difficile, me semble-t-il, de trouver dans ces mouvements à la thématique très diluée un intérêt véritable. il en est différemment des mouvements rapides 2 et 3. Si le 2, plutôt moderniste dans le sens d'une certaine brutalité, n'impose guère à mon avis de thème, le 3 comporte un excellent thème traité de manière lapidaire et légère, sans rompre avec le sentiment général de l'ensemble. Il est dommage que les passages de transition diminue un peu l'intérêt de ce mouvement.
HUANG An-Lun (1949-)
ORCHESTRE
Symphonie 1 (1984)  icone   (-/***/**/-)  icone
Le 1er mouvement de cette symphonie, cumulant les effets bruyants et tonitruants d'un modernisme conventionnel dispose mal l'auditeur à poursuivre l'audition. L'on aurait pourtant tort de négliger la suite. Le second mouvement, très long, atteint, me semble-t-il, un pathétisme intense rejoignant quelque peu l'expressionnisme russe. La marque rhapsodique, bien intégrée à l'instrumentation classique aide aussi beaucoup An-Lun Houang, ce qui est cependant légitime. Tous les compositeurs chinois n'ont pas forcément le mérite d'y recourir. Le 3e mouvement, développé en scherzo fait disparaître comme par enchantement les grandiloquences outrageantes du 1er mouvement dans une écriture serrée bien maîtrisée. Enfin, le dernier mouvement revient malheureusement au déferlement moderniste du premier. Cette symphonie apparaît donc comme une œuvre extrêmement hétéroclite exprimant le pire comme le meilleur.
KHRENNIKOV Tikhon (1913-)
VIOLON ORCHESTRE
Concerto 1 C major (1959)  icone   (***/***/***)  icone
Le concerto pour violon et orchestre 1 de Tikkon Khrennikov est une œuvre magnifique, qui présente une parenté évidente avec le fameux concerto de Kabalevski. Plus varié cependant dans sa thématique, moins purement expressionniste, moins influencé par le retour à la ritournelle simple du Groupe des Six, quoique très mélodique, mais un mélodisme qui réfère plutôt à la période romantique. On peut même y déceler des traces de Paganini dans le traitement du soliste. L'orchestration, aérée, originale par ses timbres, se révèle beaucoup moins agressive que dans la Symphonie 2. Bel accelerando dans le 3e mouvement et pouvoir mélodique certain dans le 2e avec un accompagnement diffus très "expressionniste russe" avec la harpe, la clarinette, la flûte.
KHRENNIKOV Tikkon (1913-2007) / SVETLANOV Evgueni (1928-2002)
ORCHESTRE
Symphonie 2 (1942)  icone   (*/***/***/***)  icone
Moderniste par certains aspects de son orchestration parfois bruyante, cette symphonie n'en demeure pas moins à mon avis d'une richesse inventive étonnante exprimée par un sens de la couleur instrumentale achevé. Les contrastes sont saisissants entre les thèmes forte et les passages plus lents, dévoilant souvent des sonorités vraiment magiques, par le xylophone, la harpe, le basson... C'est le 1er mouvement qui se trouve malheureusement gâché par des effets trop dynamiques et trop cuivrés, malgré d'excellents motifs et une coda très élaboré. Il serait dommage que l'auditeur - choqué à juste titre par ce modernisme outrancier - ne poursuivît pas jusqu'aux mouvements suivants. En particulier, le 2ème, composition d'Evgueni Svetlanov, aux sonorités magiques lui aussi. Le scherzo, de nouveau dû à Khrennikov permet paradoxalement de tempérer les excès dynamogéniques du 1er. Quant au 4ème, c'est un feu d'artifice où tout est magnifique: le thème principal, très russe ainsi que les parties lentes qui le ponctuent. En définitive, malgré ses outrances - propres à l'époque, Khrennikov manifeste dans cette symphonie un sens de la virtuosité compositionnelle orchestrale très poussé comme un sens mélodique très élevé.
MYASKOVSKY Nicolaï (1881-1950)
ORCHESTRE
Symphonie 6 E flat minor op 23 Révolutionnaire (1921)  icone   (*/*/-/*)  icone
L'on serait tenté de dire à propos de cette symphonie de Myaskovsky qu'elle apparaît comme une musique très intellectuelle - si cette notion pouvait revêtir une signification. Musique ascétique malgré sa rutilance orchestrale et ses contrastes. Une sorte de préfiguration de Prokofiev et un inverse de Tchaïkovski. Le 2ème mouvement s'apparente plutôt à une leçon d'orchestration. l'ensemble de la symphonie est très cuivré, notamment le 1er mouvement et n'échappe pas parfois à un certain cacophonisme. Musique plus moderne qu'on ne pourrait le croire au premier abord. Il n'y a que dans le dernier mouvement - curieusement - que Myaskovsky nous prodigue des motifs de danse folklorique assez inattendus dans le contexte. Au final, une musique pure sans doute, mais qui me paraît receler bien peu de séduction malgré parfois des motifs dignes d'intérêt, par exemple dans la 2ème partie du 1er mouvement ou encore le motif lent rhapsodique du dernier mouvement
RAKOV Nicolaï (1908-1990)
VIOLON ORCHESTRE
Concerto 1 E minor (1944)  icone   (***/*/***)  icone
Ultra-néoclassique, le concerto pour violon de Nicolaï Rakov, certainement. Ajoutons qu'il évoque terriblement le Concerto de Glazounov. Tout cela n'enlève rien à l'originalité de sa thématique, notamment par des thèmes principaux bien affirmés dans les 1er et 3e mouvement. Les autres développements du soliste, quoique brillants, ne me paraissent pas toujours convaincants. À l'actif de ce concerto, et ce qui concourt à son originalité, c'est le traitement de l'orchestration, légère, aérée, où dominent les bois, en particulier la clarinette qui imprime bien sa spécificité par des interventions très bienvenues. L'œuvre, en outre, est animée par une dynamique qui participe à son attractivité.
SCHNITTKE Alfred (1934-)
QUINTETTE
Piano quintette (1976)  icone   (-/-/-/-/-)  icone
Ce quintette évolue perpétuellement entre le tonalisme et l'atonalisme selon un tempo très lent et en nuance souvent pianissimo (1er mouvement notamment). Il est bâti sur un motif assez banal, enrichi quelque peu dans le dernier mouvement. Le piano y occupe une place restreinte, notamment par rapport aux cordes dissonantes. On pense parfois au Quatuor pour la fin des temps de Messiaen.



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À bientôt
Claude Fernandez


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