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LETTRE-MÉLOMANE 2018-04


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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BRAHMS Johannes (1833-1897)
TRIO
Trio clarinette violoncelle, piano op 114 (1891)  icone   (*/-/-/-)  icone
Peu de relief et peu de matière musicale à mon avis dans cette œuvre, à part quelque peu le premier mouvement.
DRESDEN Sem (1881-1957)
PIANO ORCHESTRE
Concerto (1942)  icone   (**/**/***)  icone
Par son style pianistique, qu'on pourrait qualifier par le terme de virtuosité récitative (tempo rapide, exubérance feutrée), cette œuvre pourrait être catégorisée dans la tendance ravélienne - si ce terme possède bien un sens et si Ravel en est bien l'initiateur (ce qui est loin d'être certain). Dresden imprime à cette exubérance perpétuelle des chutes brutales de tempo où la musique se dilue dans l'arythmie, mais ces passages ne sont pas, à mon sens, suffisamment empreints de mystère ou de pathétisme et représentent souvent des passages à vide. Ils constituent le point faible du 1er mouvement notamment. L'orchestration, très subtile, relativement discrète, parsème dans le tissu motivique des interjections vives grâce aux cuivres et aux percussions. Dans le 2e mouvement, un motif à la flûte communique une certaine dimension mélodique à l'œuvre, mais ce mouvement me semble un peu hasardeux sur le plan thématique. Au final, un très bon concerto, original, varié, nuancé qui ne cède jamais aux facilités bruyantes du modernisme.
KHRENNIKOV Tikhon (1913-)
ORCHESTRE
Symphonie 1 op 4 (1933)  icone   (***/*/-)  icone
Cette œuvre ne vaut, me semble-t-il, que par son 1er mouvement, un scherzo bien construit alternant les registres instrumentaux avec virtuosité. Son contenu motivique caractérise bien la musique russe de son époque. L'on y trouve des traces de Kabalevski, très bien intégrées et personnalisées, notamment les tutti de violon. Les expositions de motifs au basson (l'ouverture), à la clarinette, évoquent assez bien Pierre et le loup de Prokofiev, sauf que cette dernière œuvre a été composée 3 ans plus tard en 1936. Les 2 autres mouvements de cette symphonie ne me semblent pas au niveau de ce scherzo - et de loin. Le second mouvement exprime tout de même une atmosphère évoquant quelque peu l'expressionnisme russe, en revanche le dernier tombe souvent dans les effets bruyants et ne parvient pas, me semble-t-il, à imposer une thématique suffisamment lisible.
REVUTSKY Levko (1889-1977)
PIANO ORCHESTRE
Concerto 2 (1934)  icone   (*/-/**/**)  icone
Il est vraiment désolant que Levko Revultsky se soit livré dans cette œuvre à une écriture exprimant des dissonances incessantes, ainsi qu'à un rythme ultradynamique perpétuel. Il semble influencé par Gershwin et surenchérit (à mon avis négativement) sur ses caractéristiques. L'audition, pour les mouvements rapides, apparaît désagréable et fatigante. Particulièrement, le 2e mouvement Vivace est absolument inaudible. Il faut joindre à cela une écriture cuivrée et une certaine tendance à la provocation gratuite. Ce constat est d'autant plus regrettable que Revutsky manifeste, notamment dans le 3e mouvement lent, mais aussi dans le dernier mouvement, une aptitude au lyrisme et au mélodisme (notamment le crescendo symphonique et la partie violonistique terminant le 3e mouvement Lento). Il faut ajouter que cette œuvre présente des thèmes bien caractérisés, même s'ils ne sont pas toujours à mon goût d'une grande subtilité. La partie pianistique peut aussi comporter parfois des passages de virtuosité très bienvenus. On ne peut que regretter au final ce parti-pris de modernisme adopté par le compositeur, qui occulte ses réelles qualités.



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À bientôt
Claude Fernandez


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